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07/03/2013

La Chine se transforme

Poursuivant sa propre révolution capitaliste, la Chine continue de transformer à vitesse grand V. Je vous propose aujourd'hui deux reportage de la CBC présentés à l'émission 60 Minutes.

Le premier porte sur la bulle immobilière qui se gonfle en Chine depuis nombre d'années. J'y ai, entre autres, compris pourquoi on élevait ces grandes villes capable d'habiter des dizaines de milliers d'habitants, mais qui reste vide - ces appartements sont les 3 et 4 ième appartement des chinois riches qui y voit là une des seules façon d'investir leur argent.

On y apprend également à quel point cette bulle est sur le bord de l'éclatement et comment cet éclatement risque de changer encore plus avant la Chine, certains parle même d'un printemps chinois...

Dans le second on rencontre Zhang Xin, une milliardaire chinoise de l'immobilier qui a ni plus ni moins construit le nouveau centre de Beijing. Parti de rien, comme il n'est plus possible de le faire ici, elle a bâtis un empire immobilier avec son mari et voit pour sa part dans l'éventuel éclatement de cette bulle immobilière une possible ouverture vers la démocratie, rien de moins.

Bref la Chine n'a pas fini de changer... Bonne écoute!

.jpm

04/03/2013

Un petit hôtel

J’écoute Downton Abbey depuis le premier épisode. Ce n’est pas une série super excitante, mais elle est très bien faite. Elle a un excellent contenu historique, les intrigues son bien ficelé et surtout elle a un contenu sociologique fort intéressant. Bref c’est une bonne série et ça nous change des Walking Dead, Prison Break et autres CSI.

Lors du dernier épisode j’ai eu une seconde confirmation de cette facilité malheureusement disparue qu’il existait à l’époque d’être entrepreneur.

Je vous parlais récemment de cette annonce de Molson où l’on voyait le jeune John bâtir de ses propres mains sa première brasserie avec presque rien. Je continuais en soulignant que la financiarisation et la spécialisation de l’économie avait rendu la chose excessivement difficile voire impossible aujourd’hui.

Downton Abbey se déroule à la même époque, soit au début du XXième siècle et dans le dernier épisode de la première saison on y voit un valet de chambre et une femme de chambre faire des plans pour leur avenir commun. Celui-ci, ayant hérité de la moitié de la maison de sa mère propose à la femme de chambre de qui il est amoureux de prendre l’argent et d’acheter un petit hôtel qu’ils pourraient exploiter eux-mêmes et y élever une famille…

Vous-vous imaginez ça aujourd’hui? La mère d’un gars qui n’a pas de métier, l’équivalent d’un commis chez Wal-Mart, qui on ne sait trop comment aurait une maison dont la moitié de la valeur serait suffisante pour acheter un hôtel si petit soit-il? Impossible.

Pour acheter un petit hôtel aujourd’hui, il faut non seulement des connections, mais également des garanties (vous avez déjà travaillé dans le domaine demande le prêteur à la banque?) et une bonne mise de fond que vous aurez ramassé je ne sais comment…

Bref on fait bien du bruit autour du fait qu’il manque d’entrepreneurs, mais d’un autre côté se partir en affaire n’a jamais été aussi difficile, complexe et incertain.

Bien hâte de voir la seconde saison et ce petit hôtel…

.jpm

21/02/2013

Coupures universitaires

Les coupures déjà faites et celles que l’on annonce dans le système universitaire québécois sont très pernicieuses.

 J’espère de tout cœur qu’il va y avoir un réinvestissement, que les universités vont faire leur bout de chemin en évitant le gaspillage qu’on les sait capable de faire, que les syndicats qui s’y trouvent vont également faire leur bout, c’est-à-dire cesser de faire des demande irréalistes, mais j’ai de gros doutes. Les compressions vont probablement être maintenues, le gaspillage va continuer peut-être dans une moindre mesure et les demandes irréalistes vont demeurer, les secrétaires à 70 000$ pour 35h semaines ne vont pas partir demain.

Notez au passage que la proposition de la CAQ dont je parlais dans mon dernier billet reste la proposition la plus intéressante : Couper dans les subventions aux entreprises (qui atteignent près de 3 milliards par – autant que ce qu’elles versent en impôts) pour refinancer l’éducation supérieur. Les entreprises et la société vont être gagnantes!

Mais pour revenir au problème de base parce que malheureusement peu de chose risque de bouger, les coupures dans les universités font très mal parce qu’elles sont plus ou moins visible jusqu’à ce qu’il soit trop tard. En effet, les coupures en cours diminuent la qualité de l’enseignement, mais cela ne parait pas. Les étudiants ne s’en rendent pas nécessairement compte, les profs ne sont tout simplement plus là et les entreprises comme la société en générale ne voient pas la différence.

Les effets vont se faire sentir dans quelques années et s’amplifier avec le temps. Nous allons être moins compétitifs, les travailleurs universitaires de haut niveau sur qui repose l’innovation et le développement de nouvelles entreprises vont être moins performant et les universités font finir par être parmi les moins bien bonnes de la planète.

C’est exactement ce qui arrive présentement aux universités publiques californiennes. Jadis parmi les meilleures au monde, ce sont à elles que l’on doit tout le dynamisme de la « silicone valley », elles sont aujourd’hui largement sous-financer après des décennies de coupes. Ce sont devenu des universités de seconde zone et les administrateurs ne peuvent plus que constater que leurs sombres prédictions sont devenues réalité.

Le financement des études supérieures tout comme celui de l’enseignement primaire et secondaire ou même de la santé ne doivent pas être tributaire du budget annuel ou des gouvernement en place parce que leur résultats se mesurent à très long termes et que l’engagement à les financer adéquatement est fondamentalement social, ce doit être une volonté de la société et non celle issue d’une logique budgétaire.

Bref laisser tomber les cégeps et les universités c’est se condamner à long terme. Et, c’est d’autant plus vrai au Québec que l’importation de mains d’œuvre y est difficile.

.jpm

11:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

19/02/2013

Nouvelle politique ?

La politique est-elle en train de changer. L’écœurentite aigüe des citoyens et le cynisme caractérisant l’ambiance politique depuis quelques années auraient-ils finit par avoir une influence positive sur nos politiciens ?

C’est peut-être cela. C’est peut-être aussi l’arrivée d’une nouvelle génération ou encore l’avènement des médias sociaux qui aurait cet effet de rapprochement, de transparence.

Bref quoi qu’il en soit, il me semble que de plus en plus d’efforts sont fait pour communiqué plus clairement, être plus accessible, plus transparent. J’en veux pour preuve cette série de courts clips fait par Option Nationale qui répond en moins de deux minutes à une foule de question sur la partie – pas de flafla, pas de langue de bois, juste des réponses simples qui montre clairement l’orientation du parti*.

Legault suit la même voie avec son blogue. Il publie moins que J.F. Lisée, mais il y va dans son dernier texte d’une explication claire et nuancée des dernières sorties et alliances du parti avec le PQ, le PLQ et même Québec solidaire.

Le chef de la CAQ montre bien comment un parti peut être centriste tout en prenant position à gauche comme à droite sur divers enjeux. Il en profite également pour souligner que la gauche et la droite sont parfois voire souvent des étiquettes trop simplistes pour la réalité :

« Couper dans les crédits aux entreprises pour annuler des coupures dans les universités: faut-il étiqueter cette idée à droite ou à gauche? La droite pourra y voir un gain d’efficacité pour le gouvernement et une réduction de l’interventionnisme étatique dans le libre marché. La gauche pourra y voir une forme de transfert de ressources du secteur privé vers un service public. Nous sommes convaincus que le bien commun sort gagnant dans tous les cas. »

Et puis il y a le PQ qui sans donner énormément de place aux idées de Bernard Drainville n’y est pas pour autant fermer, pour un parti au pouvoir la réforme n’est jamais facile, mais il semble y avoir de l’ouverture.

D’accord ce n’est pas la révolution, mais si les capsules vidéo et les blogues deviennent la norme et qu’ils demeurent aussi vrais, ça risque de changer le paysage politique.

Cela dit, parlant de politique, je m’en voudrais de passer sous silence le « Plan Nord » de Mme. Marois qu’est l’électrification des transports. Ça c’est une vision de développement intelligente. Le Plan Nord c’était encore de l’exploitation de ressources, de la construction de route et de l’extraction de matière première – une économie du tiers-monde sommes toutes, alors que l’électrification des transports, c’est du développement de haute technologie, du savoir-faire exportable et un pas vers l’avenir. Je dis bravo!

.jpm

Je pensais en regarder deux ou trois, juste pour voir j’ai finalement presque tout regardé. J’ai bien hâte que tous les partis se sente obliger de faire cet exercice fort instructif pour les citoyens.

15/02/2013

Voyage et jeunesse

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse. C’est une façon de dire que les voyages sont très formateurs, qu’ils permettent de découvrir toutes sortes de réalité et beaucoup d’apprendre à se débrouiller dans divers situations, divers environnement.

J’aimerais apporter une nouvelle dimension à cet adage. Ça pourrait se résumer par les voyages gardent jeune.

J’ai réalisé la chose récemment alors que je réservais une voiture pour le petit voyage d’escalade que je compte faire le mois prochain. Je dois me rendre en Californie (quelle tristesse) et je me suis dit que tant qu’à y être je pouvais en profiter pour faire un petit voyage de bloc.

Mais voilà alors que je réservais ma voiture, j’ai ressenti un certain stress à l’idée de traverser Los Angeles et de devoir conduire plusieurs heures dans des endroits que je ne connais pas. Et puis il y a le timing, les réservations d’hôtel supplémentaires, de tapis d’escalade, etc.

Bien sûr je suis passé par-dessus ce stress de projection, mais je sais que ce stress va revenir une fois là-bas et je sais aussi que je vais passer au travers et que je vais me débrouiller – après tout, j’ai déjà fait bien pire.

C’est là que je me suis dit que les voyages ne formaient pas que la jeunesse, mais qu’ils aidaient aussi à garder jeune. Ces situations inusités, cette nécessité de se débrouiller, d’improviser, de se faire confiance, participent tous à garder l’esprit alerte et inventif. Ces situations de stress de la nouveauté constituent d’excellents exercices pour le cerveau et l’oblige à sortir de sa zone de confort, bref c’est un excellent exercice pour ce muscle qui parfois à tendance à s’endormir dans notre salon.

Puis, en y pensent bien, je me suis rendu compte que la plupart des gens que je connais qui voyage beaucoup (sans exagérer, bien sûr, et sans faire la java toute la nuit à tous les arrêts) sont souvent des gens très allumés, inventifs et qui ont l’air jeunes pour leur âge…

Bref, les voyages forment la jeunesse et gardent jeune!

.jpm

11:26 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

12/02/2013

Les corporations et le libre marché

Il y a quelques temps déjà j’avais découvert que l’université Yale donnait des cours en ligne. Ayant fait le tour, je m’étais promis de suivre le cours Capitalism : Succes, Crisis and Reform. Ça a pris un certain temps, mais j’ai fini par commencer à écouter le cours.

Un cours universitaire est un cours universitaire me direz-vous. Oui, mais vous le savez bien l’approche change avec les départements, le cours change avec le prof et oui, aux États-Unis, ils ont une approche un peu différente et donc d’amblé, c’est fort intéressant de voir ce qui se fait ailleurs.

Mais au-delà de tout cela, le cours que j’ai écouté hier intitulé Cutting the Fingers of Smith’s Invisible Hand m’a permis de constater que malgré tout ce que j’avais pu lire et entendre sur l’économie, certains aspects de base n’avait toujours pas croisé mon esprit – en voici une fort intéressante.

Douglas Rae, le prof du cours, souligne dans ce troisième cours que les grandes corporations, surtout, mais aussi les petites entreprises, ont une approche depuis l’apparition des écoles d’affaires (les business school) qui va totalement à l’opposé du libre marché idéal et donc de la supposé main invisible.

En fait les gens d’affaires ne se lancent pas en affaire s’ils sont dans un marché parfait puisque dans ce type de marché, la concurrence est très présente, les acheteurs ont une foule de choix et l’information sur les divers produits est parfaitement connue de tous et donc, les marges de profits sont minimales.

C’est un certain M. Porter qui a mis sur papier l’approche permettant de déterminer si un marché est intéressant à pénétrer. Cinq grands axes permettent de prendre une décision éclairée. Le pouvoir des acheteurs et de fournisseurs, les produits de substitution, la facilité d’entrée pour d’autres compétiteurs et la concurrence interne du secteur d’activité. Si l’un de ces axes est trop fort on n’entre pas. Si l’on n’a pas un avantage certain et important sur un de ces axes on n’entre pas.

Ainsi donc, les grandes corporations tout comme les petits entrepreneurs n’entreront pas dans un marché s’ils sentent qu’il est déjà que le marché est occupé par un joueur majeur qui détient un avantage important… Bref, non seulement le marché libre à la Smith n’existe nulle part, mais en plus personne n’est intéressé à le créer.

.jpm

p.s. Voici un exemple parlant de ce que j’avance ci-dessus: L’épicerie. Vous pensez que vous avez du choix à l’épicerie et que Tide, Downy ou Gain encourage trois compagnies différentes? Hé bien détrompez-vous et passez voir ce graphique fort explicite. L’ensemble des produits d’épicerie est contrôlé par une dizaine de géants du milieu et le même là il y a très peu de chevauchement entre les produits de ces dix grands…

08/02/2013

Un sens au travail

Le sens que l’on donne à notre travail n’est pas toujours évident et ce qui pour une personne est un irritant peut, pour une autre personne, donner du sens à son travail.

Au bureau par exemple, pour certains collègues avoir à colliger de l’information est un sérieux irritant. Il semble toujours manquer de l’information pour ces personnes. Idem pour les instructions, elles voudraient toujours avoir des instructions excessivement détaillés. Ce sont des gens qui aiment classer des papiers, faire des mesures, mais qui veulent que tout soit déjà là. Il y a des cases à remplir, mais ce qui va dedans doit être directement accessible dans la case d’à côté.

Pour moi ce genre de boulot est inintéressant. Moi ce que j’aime c’est chercher et trouver, ce que j’aime c’est organiser de l’information, trouver la bonne voie à suivre quand il y en a une demi-douzaine de possible…

J’aime bien qu’il y ait un cadre certes, mais si tout m’est donné d’avance, je n’ai aucun plaisir. Je dois avoir le sentiment d’organiser les choses un peu, de prendre des décisions, de mettre l’ensemble en perspective, de chercher à comprendre, sinon je m’ennuie.

C’est là toute une série de tache que certains de mes collègues ne veulent pas faire et c’est tant mieux, ça me donne un boulot intéressant et ça leur permet d’en avoir un qu’ils aiment également.

Bien intéressant de voir ainsi les divers intérêts au boulot et ce qui donne un sens au travail de chacun.

.jpm

11:28 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

06/02/2013

ZD30: De la propagande !?

Vous avez certainement entendu parler du film Zero Dark Thirty de la talentueuse réalisatrice Kathryn Bigelow, mais avez-vous lu les divers critiques au sujet du film.

Il se passe une chose fort intéressante autour de ce film à la violence crue. Pour les uns c’est de la propagande pure et simple et donc un film à fuir ou à tout le moins à prendre avec un gros grain de sel. Pour les autres c’est un film qu’il faut absolument voir parce qu’il démontre bien que parfois il faut savoir se salir les mains pour atteindre un objectif louable – ce qui est tout à fait dans la ligné de pensé de Machiavel (sur lequel vous pouvez lire mon excellent travail ;-).

Comme pour bien d’autres grandes oppositions il y a un peu de vrai dans chacune de ces visions du film. Mais s’il est vrai qu’il faut parfois se salir les mains, dans le cas d’une usurpation du pouvoir comme ce que les islamistes radicaux ont tenté et réussit en parti au Mali, il faut également bien voir que la torture est une toute autre façon de se salir les mains et que rien ne prouve qu’elle soit nécessaire. Passez voir l’excellente entrevue de Richard Martineau au Francs-Tireurs avec

Malheureusement on en fait l’apologie dans ce film. Quand on le faisait dans 24h, ça pouvait encore passer, c’était de la fiction. Mais ZD30 se présente comme un quasi-documentaire sur la traque et la mise à mort de Ben Laden, ce n’est plus de la fiction et la torture présenté a fort probablement eu lieu. Or plusieurs rapports démontrent que la torture mise en scène et étant présenté comme un élément clé de la « capture » de Ben Laden n’a absolument servi à rien et qu’au bout du compte ce sont bien plus les renseignements obtenus autrement qui ont mené à sa cachette.

Une autre chose que le film met en scène, c’est le travail de moine, de rat de bibliothèque qu’est la traque d’un important criminel. Non, le travail de la CIA n’est pas toujours comme dans les films, une bonne part du travail repose sur de l’analyse de document, du recoupement de témoignage et le suivi de dizaines de pistes qui se transforment en cul-de-sac. L’équipe qui débarque et fait le ménage c’est le cinq minute qui couronne des années d’efforts dans des bureaux sans fenêtres. Mais tout ce que l’on nous montre dans les films c’est la semaine de préparation avant l’offensive et les cinq, dix, quinze minutes de cette dernière.

ZD30 est-il de la propagande? Très certainement. Il y a énormément de propagande dans le cinéma américain comme il y en a dans tous les cinémas. On met en scène notre monde, notre culture, nos valeurs – ZD30 en est un à la sauce américaine qui malheureusement à une conception de la nécessité politique bien violente.

.jpm

11:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

01/02/2013

Réformer le capitalisme ?

C’est Marie-France Bazzo qui a posé la question la semaine dernière alors que le sommet de Davos battait son plein. Un sommet où l’on entend d’ailleurs de plus en plus de voix s’élever pour réclamer des changements au modèle d’affaire qui prime de par le monde. En effet, nombre de grands décideurs et de grands penseurs de l’économie mondiale y compris le FMI et la Banque Mondiale, commence à se rendre compte que l’on ne peut plus continuer ainsi.

Est-ce possible de réformer le capitalisme? Sans aucun doute, comme certains intervenants l’on bien souligner dans cette excellente discussion (que je vous encourage fortement à écouter), le capitalisme a déjà bien changé depuis son apparition.

Un des changements majeur est celui de notre capacité à créer de la richesse et notre grande dépendance au système de crédit.

J’ai toujours bien aimé cette annonce de Molson où l’on voit John Molson lui-même démarrer son entreprise, acheter un petit terrain, bâtir lui-même sa brasserie et se lancer en production – une chose qui est aujourd’hui totalement impossible…

La discussion se termine sur une note plutôt pessimiste de Ianik Marcil, qui continu l’échange par lui-même dans un bon texte sur Voir, à savoir que le système va péter.

Bien sûr un effondrement complet est toujours possible. Nous en avons eu un avant-goût en 2008, les choses peuvent s’effondrer rapidement et les contres-coups sont globaux. Cela dit, la beauté du capitalisme est son adaptabilité. Peut-être sommes-nous passé tout droit, notre dépendance au crédit mondial et aux marchés extérieurs nous condamne d’avance, mais d’un autre côté il est possible d’y apporter des changements mineurs qui pourraient nous permettre d’éviter l’effondrement total.

Évidement nous n’en sommes plus à de petits changement si on veut tout régler, mais comme toujours et pour tout, il vaut probablement mieux apporter une série de changement après l’autre plutôt que de tenté de tout changer en même temps. Comme on dit, la perfection et l’ennemi du mieux…

Quoi qu’il en soit des changements sont nécessaires. Le ministre Duchesne et d’autres semblaient croire que cela passait par un renforcement de l’État. Je le crois aussi, mais il faut bien voir qu’un État plus fort n’est pas nécessairement un État plus gros. Cela dit, il faut également qu’une série d’accords mondiaux voient le jour afin que les efforts locaux ne soient pas rendu caducs par un système international qui permet de déjouer les décisions locales.

Bref, beaucoup de pain sur la planche et peu de temps pour commencer à mettre de nouvelles fondations en place.

.jpm

29/01/2013

Où en suis-je ?

J’ai entamé la semaine dernière mon dernier cours du bacc. Si tout va bien, je devrais diplômer à la fin avril et obtenir un baccalauréat multidisciplinaire en socio-économie.

Mais tout ne va pas bien. Pas que je pense couler mon dernier cours… Même si ce dernier ne m’inspire guère je devrais bien obtenir le minimum requis. C’est tout de même dommage de finir sur une mauvaise note avec un cours que les circonstances m’ont obligé à prendre (lire, un prof qui ne veut pas comprendre, un choix de cours limité et un horaire qui m’oblige à faire des compromis).

C’est un cours d’histoire politique… Vous savez le genre de cours où le prof annonce au premier cours que l’Histoire ce n’est pas que des dates, que de toute façon les dates sont subjectives et que l’important c’est d’être capable de mettre ensemble les divers éléments du « récit » historique, mais que dès les premier exercices il vous demande qui a parlé des « lieux de mémoires » dans le texte de Truc Muche lu une semaine plus tôt – non mais quelle bande de cons…

Mais je m’égare. Bien sûr j’en ai contre le prof qui m’a refusé un bon cours tout comme celui qui affirme haut et fort que l’Histoire ce n’est pas du par cœur et prouve le contraire à la première occasion, mais mon vrai malaise est ailleurs.

En effet, je termine une aventure qui aura pris huit ans de ma vie. C’est long huit ans à suivre des cours à l’université quand on travail à temps plein, quand on a des enfants à la maison et ladite maison à entretenir…

Bien sûr, je suis content du chemin parcouru. Je suis fier de cet accomplissement. Le voyage a été fort agréable et m’a permis d’apprendre énormément ce qui était le but principal du projet. Mais aujourd’hui où suis-je? Que vais-je faire avec?

Je suis à l’aube de la quarantaine (est-ce là la fameuse crise) et je me demande quelle direction prendre. Je me demande si j’ai fait les bons choix. Il y a tant de chose que j’aurais aimé faire. Démarrer une entreprise, allé faire une maîtrise à l’extérieur, voyagé à travers le monde, écrire…

Le pire c’est que j’ai fait un peu de tout cela. Je travaille dans une entreprise où j’ai fait beaucoup, nous étions cinq au départ, nous sommes maintenant quarante et le chiffre d’affaire fait plusieurs millions de dollars. J’ai fait un baccalauréat à temps partiel et j’en ai apprécié la grande majorité, j’ai voyagé un peu partout dans le monde et je sais que d’autres voyages s’en viennent en plus d’une capacité accrue d’en faire d’ici quelques année (quand les enfants pourront se garder tout seul) et j’écris ce blog depuis huit ans aussi, sans parler de cet essai qui est pratiquement prêt à être posté aux éditeurs.

Alors j’ai fait tout ce que je voulais non? Pourquoi cette impression de ne pas savoir où je vais, où j’en suis?

Bien sûr on en veut toujours plus, j’en veux toujours plus. Plus de temps, plus de voyage, plus de cours trippants, et une carrière plus intéressante que ce soit au bureau ou à travers la participation à des conférences sur les sujets que j’ai étudiés…

Plus de tout, c’est impossible et c’est là mon malheur et probablement mon malaise. J’ai peur de ne pas être allé aussi loin que j’aurai pu dans un ou l’autre de mes « projets » alors je me demande si je ne devrais pas cesser de courir tous ces lapins et me enfin me consacrer à un projet en particulier. Me lancer en affaires, je serais capable. Lâcher le boulot et faire un maîtrise en quatrième vitesse pour ensuite vivre cette vie de « savant » qui m’appelle. Changer de boulot, allé vivre à l’étranger avec les enfants. Écrire un vrai livre, un vrai roman sur lequel je plancherais à fond. Tout ça est possible. Alors pourquoi me contenter du mélange mi-figue, mi-raisin de tout cela et vivre sans éclat?

Pourquoi? Parce que c’est l’approche raisonnable, celle où on profite un peu de tout sans tomber dans l’excès. Mais pourquoi être raisonnable? Pour les autres principalement – faire son trip sans tout cassé autour. Les enfants ont une vie, ma blonde aussi et il faut concilier tous les rêves… C’est ça le piège à con de la quarantaine : On sait qu’on pourrait tout lâcher, enfin se consacrer à quelque chose, mais on ne le fait pas parce que l’on a déjà un passé, une histoire et des engagements.

D’un autre côté cet équilibre entre le boulot, les études et la relative liberté que me permet une vie pas trop prenante (contrairement à celle des patrons de PME ou des profs universitaire) est fort appréciable et apprécié.

J’ai le trip de la gestion sans avoir trop de stress et de pression. J’ai le trip des études sans avoir le stress du vide à la fin et de la nécessité de travailler. J’ai la chance de voyager pour le boulot et lors de mes vacances et l’avenir semble encore meilleur de ce côté là et puis j’ai une famille aimante avec laquelle j’ai l’occasion de vivre des choses merveilleuses... Alors de quoi est-ce que je me plaint? J’ai le meilleur de tout ces mondes! J’aurai même la chance d’écrire un bouquin cet été alors que je prolongerai  mon sans soldes d’étude durant la saison estivale!

Mieux, dans quelques semaines je m’envole pour Los Angeles pour le boulot et quelques jours de grimpe à Bishop, la mecque du bloc - génial! Non, mais de quoi je me plaint!

Est-ce vraiment moi qui me plaint? Ne serait-ce pas tout ce rêve que l’on nous vend, le gros char, la maison neuve, les voyages dans le Sud, bref cette vie de luxe et de loisir qui n’est au final accessible qu’à très peu de gens ou en pour de très bref moment à monsieur, madame Tout le monde? Cet espèce d’impression de vouloir plus ne vient-elle pas de là?

D’un autre côté cette impression de pouvoir faire plus ne vient certes pas des pubs de réno salle à manger! Mais faire plus veut aussi dire faire moins, plus de l’un, moins de l’autre - exit l’équilibre.

Étourdissant tout cela... Une réflexion à méditer... J’y reviendrai... Peut-être...

.jpm

16:46 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

22/01/2013

Les vacances avec Machiavel

Je prends des petites vacances de trois jours, mercredi, jeudi, vendredi au grand froid à Québec. Le Sud m'aurait bien tenté, mais trois jours c'est un peu court.

Souvent, par le passé, je vous ai proposé divers blogues et articles à lire pour ne pas vous laisser avec rien à vous mettre sous la dent. Cette fois-ci j'ai décidé de vous faire profiter de mon génie plutôt que de celui des autres ;-)

J'ai fais, à la session dernière, un travail  sur Machiavel qui m'a valus une note de 94%et ce dans une classe où près d'une centaine d'autres élèves faisaient également un travail sur Machiavel... Un excellent travail donc. Et comme mon travail portant sur les Humanistes de la Renaissance, Machiavel et leur héritage respectif, me semble accessible et intéressant j'ai décidé de la partager avec vous...

C'est assez long, un peu moins de 3000 mots, mais vous pouvez prendre toutes mes vacances pour le lire!

Le document est partagé sur mon Google+, vous N,avez qu'à cliquer sur le lien ci-dessus.

Bonne lecture!

.jpm

17/01/2013

Le danseur et le PDG

Je suis tombé sur une émission de téléréalité dans le temps des fêtes. L’émission s’appelle « Undercover Boss » et elle met en scène les incursions de patrons qui se déguisent et se font passer pour un employé ordinaire afin de bien comprendre ce qui se passe dans leur entreprise.

Dans l’épisode que j’ai vu, le PDG de Lucky Strike, une compagnie qui possède une vingtaine de resto-bar / allées de quilles de style branché, cherchait à relancer l’entreprise et a décidé de le faire en allant voir ce qui se passait dans ses divers restos qui fonctionnaient le mieux pour aller y chercher de nouvelles idées…

Durant l’épisode en question on voit donc le PDG se faire passer pour un débutant dans les divers restos et rencontrer des employés qui se donnent pour l’entreprise, qui proposent une meilleure salle de pause, plus d’activité avec la mascotte, des clubs de jeunes quilleurs. Comme tous les shows de téléréalité c’est très humain, c’est gros, on y présente les moments où le boss réalise qu’il partage beaucoup avec le mécanicien d’allées qui a lui aussi perdu son père récemment. On y présente le moment drôle, les moments touchants quand ledit boss confie le développement des clubs à une serveuse enjouée qui en avait eu l’idée, on y présente également de petit moment d’introspection où le PDG confie ses impressions du jour. Bref c’est un show de téléréalité.

Mais tout ça est plate et ridicule, c’est trop gros pour bien des téléspectateurs. Les patrons n’ont pas de sentiments. S’ils vont déguiser dans leurs entreprises c’est pour espionner et tous ces bons sentiments, la larme à l’œil ce n’est pas crédible.

Non, les shows de décorations où refaire une salle de bain semble pouvoir change la vie d’une personne ça passe, mais pas le PDG qui donne une promotion importante à une bonne employée.

Le danseur qui se donne pour son art et qui se fait repêcher par des juges dans d’autres téléréalités ça parle. Ça c’est la vraie vie, les sentiments sont semble-t-il plus vrais…

« Dance off » suivait au même post. Ah, là tu parles! Courage, détermination, travail acharné, confiance mutuelle, les animateurs ne tarissent pas d’éloge et les téléspectateurs embarquent. Entre les prestations on présente le parcours des membres des troupes prenant bien sûr le temps d’aller chercher les éléments humains. La maman de l’une est malade, le frère de l’autre est handicapé…

Bien sûr les PDG vivent aussi tout ça, mais ils sont riches, ils ont du pouvoir et surtout, dans l’imaginaire populaire, ils n’ont pas travaillé pour y arrivé, on les a parachuté là. Bien sûr on oublie collectivement que quatre-vingt à quatre-vingt-dix pour cent des entreprises sont des PME démarrées et tenues par des entrepreneurs qui travaillent des heures de fous…

Mais c’est normal c’est leur entreprise et ils en tirent un bénéfice important alors le courage, la détermination, la capacité de faire confiance non pas à quelques copains de danse, mais bien à plusieurs dizaine d’employés et à gérer les multiples problèmes de tout ce beau monde sans parler de la gestion de l’entreprise, des fournisseurs, des clients et des créancier, ça ne vaut rien face à ce danseur qui se consacre à son art…

Je n’ai rien contre les danseurs et moi aussi j’aime bien le spectacle offert par ces « Dance off » et autres « So you think you can dance », mais je suis profondément  écœuré par cette vision réductrice qui domine ici voulant que l’art et les créatifs sont tellement supérieurs aux PDG et autres patrons qui se démènent pour faire tourner leur petite entreprise.

.jpm

11:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2013

Débat autour du chômage saisonnier

En ce petit lundi, je vous laisse lire l'intéressant débat entre Alain Dubuc et Ianik Marcil sur la "réforme" de l'assurance chômage mise en place par le gouvernement Harper. C'est, pour ma part, un bon exemple des positions de gauche et de droite face au travail saisonnier et bien sûr des fondements de cette position.

Prenez également le temps de lire l'ajout de Marcil et les divers commentaires qui suivent les deux articles. Ils sont assez représentatif également et plusieurs apportent des remarques intéressantes.

Bonne lecture !

.jpm

11/01/2013

Paradoxes amérindiens

Vous suivez probablement le dossier des revendications de nos autochtones de plus ou moins près comme la plupart des québécois…

Si vous avez l’impression de ne pas trop savoir ce qu’ils revendiquent exactement, ne vous en inquiété pas trop, ils ont bien de la difficulté à le savoir eux-mêmes et les médias qui carburent au sensationnalisme n’aide rien.

Le problème est bien sûr très large, historique, social, culturel – il y a trois solitudes en effet au Canada.

On les « park » dans des réserves comme disent les uns. Plus ou moins, ils ont le droit d’habiter où ils le veulent, personne ne les oblige à vivre dans les réserves, mais ils y ont des avantages et y sont souvent nés alors ils y restent, mais voudraient mieux.

Plus paradoxale encore ils veulent profiter des avancés de la civilisation, maison, ski-doo, mais ne veulent pas y participer. Ils voudraient vivre dans des réserves où la bouffe ne coûte pas trop cher où se loger est simple et où ils ont tous les services nécessaires, mais en même temps être capable de passer la porte et de retrouver les grands espaces qu’ils chérissent.

Mais leur plus grand problème n’est pas là. Le plus grand problème est celui du déchirement interne de la communauté entre les traditionnaliste et le modernes le tout dans un structure de bande où le chef n’est pas toujours le chef…

Le village Huron à Québec est un excellent exemple d’une belle intégration. À ma connaissance ce n’est pas une réserve, mais il y a clairement un regroupement là. On y a même bâti un hôtel et un musée faisant de l’endroit une destination touristique où les Huron-Wendat peuvent vivre selon leur coutume et en tirer un certain revenu.

Bien sûr tout n’est pas parfait. Les enfants ont l’occasion de fréquenter les cégeps de Québec, mais le bois pour la chasse est un peu plus loin. Comme tous les autres amateurs de chasse au Québec ils doivent prendre des vacances et aller au Nord pour chasser. Plusieurs Hurons ont investi, dans la ville. On y retrouve entre autres, un magasin de raquette, de fabricants de chaussons et un restaurant amérindien très réputé, mais ces initiatives ne sont souvent le fait que d’une poigné de modernistes et les débat avec les traditionalistes qui ne tiennent pas à mettre leur culture en vitrine sont légion.

Bref, la question est loin d’être simple tant à l’interne qu’à l’externe, mais comme dans bien d’autre cas de détresse si la personne ou le groupe veut s’en sortir il doit y mettre du sien. Espérons simplement que le mouvement « Idle no more » saura insuffler la dynamique nécessaire à une certaine introspection de la part de la communauté et au final une volonté de prendre une direction commune.

Ensuite, ce sera à nous d’écouter et de les accompagner dans leur choix.



D’ailleurs tout ça n’est pas étranger à la situation québécoise (ou même mondiale). La crise est peut-être moins frappante, mais on va devoir tôt ou tard faire une certaine introspection collective et décider de la direction à prendre. Malheureusement j’ai bien l’impression que l’on va se faire rattraper par les événements (quels qu’ils soient) bien avant d’avoir fait nos devoirs.

.jpm

11:36 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

09/01/2013

Départ en lion

Ben voilà, 2013 est déjà commencé, l’année a démarré en lion pour moi, le boulot s’est vite accumulé, ma session n’est pas encore commencé, mais au bureau ça ne dérougis pas… C’est tant mieux j’imagine. Me restera plus qu’à casé les rénos et l’escalade et le reste ;-)

M’enfin, 2013 est là et je n’ai pas fait mon bilan de l’année, mais on le voit bien les choses ne changent que très lentement et à chaque moment donné, bien malin celui qui saura dire si ça va mieux ou pas. En tous cas, aujourd’hui ce ne sera pas moi !

Pour l’instant, ayant perdu une collègue de bureau cette année, je me contente de vous souhaiter la santé et, en complément, la motivation pour la maintenir. Je sais, ce n’est pas toujours facile de se botter le cul pour aller faire du sport, mais le sport et la bonne bouffe restent les meilleurs moyens pour se garder en bonne forme.

De mon côté, je n’ai pas pris de grandes résolutions pas plus que je ne vous ferai de grandes promesses… Chose certaine cependant, j’ai encore bien des idées de textes intéressants à écrire et d’autres viendront.

Bonne Année !

.jpm