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21/12/2012

Du caractère infini de la planète

Je regardais la carte du monde qui trône au-dessus du bureau d’une collègue aujourd’hui et je constatais que même en ayant beaucoup voyagé, je n’ai presque rien vu de la planète. J’ai des amis qui ont voyagé beaucoup plus que moi, ils ont touché tous les continents, vus quelques dizaines de pays, mais même eux n’ont vu qu’une infime fraction de la planète.

Si cette constatation sur la grandeur du monde a toujours été vraie, elle se pose aujourd’hui dans un cadre bien différent. Comme chacun le sait, le monde est plus petit que jamais. On communique avec l’autre bout de la planète en quelques dixièmes de seconde, on y vol en quelques heures. Nos chaussures viennent de la Chine, notre bœuf du Brésil, notre téléphone de la Finlande. Toute la planète ou presque est porté de la main, on peut traverser l’Europe sur le pouce, franchir les deux Amériques à vélo ou prendre le train de Moscow à Beijing…

Mais notre monde, bien qu’il soit circonscrit sur sphère de dimensions finies, est totalement infini, il est fractal. C’est une surface avec un périmètre infini.

Ainsi malgré sa petitesse relative, celle que nous aura apporté la télécommunication et les avions à réaction, le monde demeure infiniment grand. Même si l’anglais domine, il se parle encore plusieurs milliers de langues sur la planète. Même si la principauté de Monaco est toute petite, il nous faudrait une vie ou presque pour en connaitre tous les recoins, tous les cafés, tous les bars, tous les hôtels – et je ne parle même pas des gens!

J’ai eu la chance de voyager un peu partout, j’ai fait New York, Hong Kong, Paris, Barcelone, Tokyo, Los Angeles… J’ai vu les déserts américains, la campagne Sud-Coréenne, l’Ouest Canadien et Rivière-du-loup, mais je n’ai jamais mis les pieds sur le continent Africain, ni en Amérique du Sud, pas plus qu’en Océanie et je ne connais rien de l’Europe de l’Est.

J’ai le vertige rien que d’y penser…

Notre monde est très vaste et rien ne contribue plus à nous rapprocher les uns des autres que de le parcourir et de voir comment les autres vivent. Les voyages sont extrêmement enrichissants.

Alors voilà, pour cette nouvelle année qui s’en vient, je vous souhaite, la santé, bien sûr, mais aussi beaucoup de voyages!

.jpm

p.s. Ouais, c’est déjà le temps des fêtes, je risque d’être plutôt absent, mais je vais peut-être publier un peu aussi… Sinon ma présence habituelle devrait reprendre vers le 7 janvier. Bon congé!

13:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

19/12/2012

Les tueries et la foi en Dieu

Les commentaires sur la tuerie de Newtown continuent d’occuper les manchettes. On se pose des questions, on remet certains choix en question, on relativise le tout…

Sarah Palin a voulu ajouté son grain de sel et nous parler de son appréciation de la situation et ce faisant elle a dit mettre sa foi en Dieu plutôt de la placer chez les politiciens et les élites médiatiques.

C’est un commentaire très conservateur tout à fait dans la veine de ceux qu’elle nous a offert par le passé. Au premier niveau ça n’a évidemment aucun sens. Dieu, au mieux n’y peut rien, au pire s’en fout complètement – et ça bien sûr c’est en considérant qu’il existe. Pure folie pour ma part.

Par contre si on prend son commentaire au second niveau, si on prend le temps de lire son commentaire au complet, on comprend qu’elle considère que le problème actuel de la société repose sur une élévation de l’individualisme et de la cupidité par les politiciens, leurs politiques et bien sur les grands médias.

Si on peut s’entendre sur une part du problème, je suis un peu moins rapide à condamner les mêmes acteurs sociaux qu’elle. Mais qu’à cela ne tienne. Je crois que ce qu’elle souligne vraiment dans la réaffirmation de sa foi en Dieu c’est en fait sa confiance en une certain image  des valeurs chrétiennes de base. Celles de la petite communauté tissé serrée, celle où tous se connaissent, où tous vivent à l’unisson…

Je peux comprendre la nostalgie de cet idéal, mais ayant connu bien des gens qui ont voulu  quitter leur petit village à cause des pressions conformistes qu’ils y subissaient, je suis bien loin de croire en cet idéal.

Cela dit, je dois cependant concéder à Mme. Palin que l’idéal de la cité anonyme et complètement atomisé n’est pas mieux. Ce n’est d’ailleurs qu’une vision théorique servant à expliquer simplement un modèle complexe, ce n’est certes pas la vision qu’entretiennent la plupart de gens à propos de leur ville.



Et Dieu dans tout ça? Hé bien est un élément de culture et pour revenir à mon explication de la ville anonyme et atomisé, Dieu n’est peut-être  aussi qu’une vision théorique dans ce commentaire de Palin… D’ailleurs, ce droit de posséder une arme et cette idée qu’elle seule assure la sécurité sont également des éléments culturels et bien théorique. Reste à savoir à quel idéal on veut se raccrocher. Pour ma part le choix est clair, point n’est besoin d’un Dieu, la cité humaine et la paix sociale apporté par la répartition économique et un filet social digne de ce nom est la voie à suivre.

.jpm

17/12/2012

La mort au bout du chemin

Je viens d’apprendre qu’une de mes collègues est sur son lit de mort, à quelques jours de la fin, peut-être moins. C’est un cancer devenu presque généralisé qui aura eu raison d’elle…

Je suis déjà en train d’en parler au passé. C’est dur. Les mots manquent.

Dans les couloirs on évite le regard de l’autre. Tout le monde est atterré, puis on se parle, mais on ne sait pas quoi dire. Ça fait mal c’est évident, ça choque, elle est si jeune, à peine la trentaine.

Ça fait bizarre après la tuerie au Connecticut, ils étaient tous jeunes et on aura rien vu venir, mais la mort est une chose de proximité et malheureusement le Connecticut est beaucoup plus loin que le bureau vide de ma collègue…

Mais puisqu’il faut continuer, on se replonge dans le travail. L’entrain habituel n’y est pas, mais échanger sur le boulot avec les collègues permet d’oublier un peu. On s’engourdis avec le travail, on replonge, on se met la tête ailleurs. La routine est salvatrice.

Bush, au lendemain des attentats du onze septembre avait semblé, pour beaucoup, vouloir relancer l’économie en invitant les gens à aller magasiner. Peut-être en fait avait-il à sa manière donné le meilleur conseil possible, n’oublier pas les gens, mais reprenez votre vie, votre train-train quotidien, c’est la meilleure façon de continuer sans trop souffrir.

Au bureau l’atmosphère va être lourde toute la semaine. Nous marcherons tous vers l’annonce fatidique d’un pas lent, voyant l’inévitable approcher… Que faire d’ici-là? Pas de bonne réponse.



Vous vous souvenez de ce billet sur la très maladroite comparaison du gouvernement entre le cancer et la dépression ? Hé bien elle est là la différence. Ma collègue atteinte du cancer risque fort de mourir dans quelques jours alors que mes deux collègues qui ont fait une dépression sont de retour au boulot en pleine forme.



La vie est injuste vous dites-vous? Certains de mes collègues sont fâchés, d’autre triste. « Chienne de vie ». Malheureusement, la vie ne répond pas à ces catégories purement humaines – il n’y a pas de notion de justice et d’injustice ici. C’est une loterie sans plus. Certain perdent d’autres gagnent.  Ce qui est malheureux, c’est qu’une certaine part de ceux qui gagnent soit trop cons pour s’en rendre compte.

.jpm

11:23 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

13/12/2012

Le libre marché

C’est en répondant à une plainte d’un client la semaine dernière que j’ai réalisé à quel point le libre marché fonctionnait bien dans le monde des PME et de produits de petite consommation alors qu’il est totalement factice, voire inexistant, dans le monde des grandes entreprises de consommation de produits coûteux.

C’est bien simple, dans notre cas, si un client se plaint on se plie en quatre pour trouver une solution, une réponse. On remplace le produit ou mieux encore on reproduit le problème rencontré en laboratoire pour être en mesure d’aider notre client  à le régler et à utiliser nos produits plutôt que ceux de la concurrence. Ça nous coûte très cher, mais ces pratiques nous gardent éveillé, elle nous permettre de bien comprendre les besoins de nos clients et à améliorer nos produit et notre service.

Du côté de la petite consommation, grille-pains, pelles et chemises, les Wal Mart de ce monde se fendent en quatre pour nous vendre le meilleur compromis prix/qualité et les fabricants derrière doivent travailler d’arrache-pied pour nous offrir des produits intéressants et tentants afin que nous dépensions nos fonds discrétionnaires chez eux. C’est encore plus difficile pour les entreprises qui vendent des services…

Bien sûr, je ne dis pas que le modèle d’affaire de Wal Mart est parfait, ni celui du garage du coin, mais au moins on s’approche quelque peu du modèle de marché idéalisé que les grands défenseurs dudit modèle nous parlent toujours.

Du côté des grandes entreprises vendant des produits coûteux, c’est une autre histoire. Vous avez déjà été vous plaindre de la qualité de votre voiture chez le concessionnaire? Vous avez déjà été vous plaindre de la durée de vie de votre iMac? Trois ans et il meurt, la carte mère est fini… Les vendeurs s’en tapent, ils en sortent des millions par année, vous êtes tombé sur un citron, ça arrive, mais tant que ça ne dépasse pas 10% des ventes l’entreprise ne fera rien, pire encore, ça va prendre un recours collectif pour la faire bouger.

Plus le truc coûte cher, plus l’entreprise est grosse, plus les problèmes du consommateur son minimisé et marginalisé. Ils en vendent des millions par année et leur réputation n’est plus à faire, de toute façon, tous les joueurs de l’industrie joue exactement la même partie…

Il est où à ce moment-là le libre marché? Vous pouvez choisir entre une méga-entreprise ou une autre, mais au bout du compte, Mazda, Hyundai ou Ford, c’est du pareil au même, ils sont bien content de vous voir quand c’est pour vous faire dépenser de milliers de dollars, mais quand un problème survient, ce n’est pas garanti, c’est une statistique et puis vous pouvez bien aller voir chez le voisin ça ne m’affectera en rien – le char vous l’avez déjà acheté, il est trop tard.

Bref, le marché n’est pas aussi libre qu’on veut bien nous le faire croire et malheureusement ces qui travaillent dure sont les plus petits, ceux pour qui perdre un client fait vraiment mal, les autres, les grandes multinationales qui fond des voitures pourries ou des rasoirs qui s’émoussent après deux rasages et qui contrôle l’ensemble du marché n’en n’ont rien à foutre du client individuel, c’est un grain de sable sur la plage et rien ne peut l’amener à faire grincer l’engrenage.

.jpm

10/12/2012

Le lièvre et la tortue

Petit lundi matin. Ça papote tout autour de moi. Comme à tous les lundis, les tortues se trouvent toutes les raisons du monde pour entamer la conversation.

Un lièvre passe voir la secrétaire pour lui dire qu’il ne sera peut-être pas là en après-midi, son petit dernier est fiévreux. Une tortue non loin de là tend l’oreille : « Moi aussi j’ai déjà été fiévreuse quand j’étais petite… » L’histoire n’est pas nécessairement banale, mais elle comporte moult détails et donc s’étire et toutes les autres tortues s’y joignent en passant.

Le lièvre est déjà retourné à son bureau. C’est qu’il a des réunions à préparer, des expéditions à faire, des dossiers à régler. Le lièvre est généralement bien occupé. C’est normal avec lui on sait que les dossiers vont avancer que les choses vont se faire. Il n’a pas toujours le temps d’en prendre plus, mais ce n’est pas grave, il s’en sort toujours, il est rapide précis et malgré la charge de travail qui l’attend, il prend toujours le temps de donner un petit coup de main, de répondre aux questions…

Pendant ce temps, la tortue passe se prendre un café et peut-être une nouvelle occasion de parler une énième fois du fils du cousin de sa sœur qui, « imaginez-vous donc » s’est fait couper les cheveux en fin de semaine. La tortue est communicative, elle fait son petit bonhomme de chemin en entretenant de bonnes, de très bonnes relations avec ses collègues. Quand elle frappe une journée occupée, la tortue s’en plaint toute la journée et s’en vante le reste de la semaine.

Le lièvre finit l’année brûlé, il en a trop fait et se demande pourquoi. Bien sûr il y a le boulot, il a couru toute l’année. Il n’a pas pris le temps de jasé avec les collègues et se demande si toute cette course était vraiment nécessaire, mais il en reste encore. De son côté la tortue fini l’année juste devant le lièvre, elle a pris un ou deux jours de congé, après tout elle peut se le permettre, son travail est à jour et elle a le sentiment du devoir accomplis, les collègues avec qui elle en a parlé sont d’ailleurs bien d’accord.

Malheureusement, pour l’un comme pour l’autre, se faire pousser de longues oreilles ou une carapace est pratiquement impossible… Faut vivre avec.

.jpm

11:37 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

07/12/2012

Une sortie chez Ashton ou de l'apparition du féminisme

Je suis allé souper chez Ashton avec mes enfants cette semaine. Grosse semaine, pas d’inspiration pour le souper et comme on le fait très rarement je me suis dit pourquoi pas.

Dans la voiture, en route vers le resto, mon fils demande à sa sœur quel programme elle allait considérer pour le secondaire si elle n’était pas sélectionnée pour Art et TIC. Elle lui répond qu’elle ne sait pas trop et je lance du tac au tac qu’il y a peu de chance qu’elle ne soit pas choisie. Elle a de très bonnes note, elle est capable de démontrer un intérêt pour le sujet et en plus, ajoutais-je, c’est une fille.

J’ai vite voulu revenir sur mon dernier commentaire, expliquer qu’il y avait souvent de la discrimination positive dans ce genre de programme et bien sûr je me suis rendu compte que le terme « discrimination positive » allait demander quelques explications.

Alors j’ai fait comme je le fais de temps à autre quand je suis seul avec mes enfants, j’ai pris l’heure du souper pour leur faire un court récit de l’histoire du féminisme, ou enfin un historique de la place des femmes au cours du XXe siècle.

De l’école de rang ou seule les femmes célibataires pouvaient enseigner, à leur participation dans les usines de la première et de la seconde guerre mondiale et à leur retour durant les Trente glorieuses à la maison comme reine du foyer et finalement au début du féminisme moderne vers la fin des années soixante.

Ils ont eu droit aux dates des grandes guerres, à une courte parenthèse sur la grande dépression des années 1930, à une introduction au baby-boom et à une version courte de l’émancipation de la femme à partir des années 1970, leur entrée sur le marché du travail d’abord dans des professions dites féminines et plus tard, avec une certaine aide de la discrimination positive, dans des emplois à prédominance historiquement masculine.

Au bout du compte, ils auront peut-être intégré une vague idée du parcours des femmes au XXe siècle et un portrait générale de l’histoire récente. Mais pour ma fille surtout, j’espère qu’elle aura compris que contrairement à aux millions de femmes qui l’ont précédée elle aura la chance de faire ce qu’elle veut dans la vie.

Pas mal pour une sortie chez Ashton!

.jpm

11:35 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

30/11/2012

Les croyants sont des imbéciles

Au lendemain d’un vote historique de l’ONU, admettant la Palestine comme État observateur non-membre, tout ce que les palestiniens ont trouvé à faire c’est de sortir dans la rue et de manifester leur joie en scandant « Allah Akbar » : Dieu est le plus grand!
 
Excusez-moi, mais quelle bande de cave! Cent quatre-vingt-treize pays se sont réunis à l’ONU. Cent trente-huit d’entre eux ont voté en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme État. Du nombre, une grande majorité sont des États laïcs et de cette grande majorité une importante quantité regroupe des croyants qui ne croit pas au prophète Mahomet. Ont-ils une seule seconde pensé à Allah, Dieu ou à un quelconque prophète en votant? Certainement pas. Ce vote est celui d’individus animés par un sens de la justice internationale, un sens du respect des droits de l’Homme, un sens du devoir qui ne relève pas de la croyance en un être supérieur. S’ils ont fait cela c’est parce qu’ils croient que c’était la chose à faire.
 
Les palestiniens ont-ils une seconde pensé à chez chefs d’États, à ces représentent qui ont pris le temps de voter pour eux, qui se sont potentiellement mis les États-Unis à dos? Non, ils se sont dit que tout ça était l’œuvre de Dieu.
 
Non seulement c’est un affront à ceux qui ont voté en leur faveur, mais c’est également un affront à toute l’humanité parce que si ce geste des Nation-unies n’est pas une manifestation de la grandeur de l’humanité et de notre capacité à orienter nous-même notre monde, rien ne l’est et tout relève de Dieu.
 
Je veux bien qu’ils soient croyants, s’ils sentent le besoin pour cette béquille mentale d’accord, mais qu’ils aient tout de même un peu bon sens, d’humanité, et qu’ils prennent au moins le temps de remercier tous les non-croyant, tous les États laïcs, tous les infidèles qui viennent de leur donner un avenir!
 
.jpm

28/11/2012

Les bons sentiments

Bon, plongeons, j’y vais d’un autre pavé dans la marre.

Je n’ai pas vu Ésimésac, qui est fort probablement très bon, très édifiant. Le combat du communautaire, de la solidarité contre l’individualisme et la poursuite aveugle du profit. Et plus loin, cette volonté de dépendre de soi-même et pas d’un système économique international déshumanisé.

De belles valeurs que je prône moi-même ici depuis toujours. Des situations que je dénonce depuis aussi longtemps.

Malheureusement, malgré toute la beauté de ce film et des idées qui y sont véhiculé – et comme pour une foule de rassemblement du genre dans le monde, on s’étend sur la défense de la vertu, on montre comment le communautaire est plus fort, plus important, plus centrale à l’expérience humaine. Je l’ai dit, et je le redirai encore mille fois, je suis d’accord : On ne peut laisser le monde aux mains d’un système qui traite l’humain comme n’importe quel autre intrant.

Cela dit, les bons sentiments ne suffisent pas. Un jardin communautaire, ça fonctionne à Saint-Élie-de-Caxton et encore, mais dans des sociétés plus large, il faut définir un peu mieux le partage, les droits, les devoirs. Les participants à « Occupy Montreal » s’en sont bien vite rendu compte l’an passé. Leur camp a vite finit par être squatté par toutes sortes de gens « pas rapport » venu profiter de la situation – des gens qui en avaient certainement bien besoin, là n’est pas la question – mais ils ne participaient pas. Ils ne faisaient pas la bouffe ou la vaisselle et n’apportaient rien au camp. « Pas juste » ont vite dit les gens du mouvement Occupy, « il faut qu’ils participent eux aussi et de façon équitable, sinon pas de bouffe ».

Et voilà le cœur du problème, les bons sentiments, l’esprit d’entraide fonctionne quand la communauté est toute petite dès que l’on passe un certain nombre de participants il faut établir des règles et malheureusement, si on se penche beaucoup sur la mise en avant de la nécessité de s’organiser on laisse généralement de côté l’organisation en elle-même.

Je n’ai pas la solution, elle n’est clairement pas simple et probablement que son élaboration ne ferait pas un film très excitant, mais il faudra bien un jour que l’on cesse de faire la promotion des bons sentiments et que l’on s’attaque à une refonte du contrat social.

.jpm

11:38 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

23/11/2012

Quelle discrimination en éducation ?

On apprenait il y a quelques semaines qu’un ancien élève de Colombie-Britannique aujourd’hui âgé de 25 ans, venait de gagné une importante victoire juridique contre le système d’éducation de la province.

En effet, la Cours suprême du Canada vient de reconnaitre que Jeffrey Moore « avait été victime de discrimination puisque son école ne lui avait pas fourni des services d’aide suffisants ». Le juge est même allé plus loin en ajoutant dans l’énoncé de son jugement que « Des services d’éducation spécialisée adéquats ne sont pas un luxe dont la société peut se passer ».

Honnêtement, je me demande si ce juge a bien pesé le poids réel de cette décision. Si un enfant dyslexique est victime de discrimination parce qu’il ne reçoit pas un certain niveau d’aide on peut très certainement se demander où se situent les limites de cette aide et en quoi consiste cette discrimination. Et les réponses peuvent nous mener très, très loin.

Jusqu’où la société est-elle discriminante lorsqu’il s’agit d’éduquer un enfant? Doit-on le mener jusqu’à l’université? Et, si nous le faisons pour le dyslexique devront nous le faire pour d’autres type de trouble d’apprentissage? Où cela s’arrête-t-il?

Vous allez peut-être me trouver quelque peu malthusien dans mon commentaire. Je vous l’accorde, je soumets effectivement la question de laisser certains individus de côté. Et, dans le cas qui nous occupe, poser la question c’est un peu y répondre.

Il y a une limite à ce que l’on peut faire et il faut savoir le reconnaitre. Mais je sais, je vais un peu plus loin en laissant entendre que l’on pourrait choisir de ne pas aller jusqu’au bout à cause des coûts que cela engendre. Et encore faut-il que l’élève soit motivé, pas juste ses parents…

Mais il y a plus compliqué encore. Nous le vivons au Québec avec le virage vers l’intégration des élèves en difficulté que nous avons effectué il y a une dizaine d’années. Les élèves en difficulté d’apprentissage ont été intégrés aux classes normales parce que plusieurs parents et penseurs du système considérait que de les garder à l’extérieur dans des classes spéciales était discriminatoire pour eux. Par contre, ce faisant, nous avons créé deux nouvelles discriminations.

Premièrement les élèves en difficulté ne sont plus dans des classes adaptées avec des profs spécialisés et donc ils ne reçoivent pas toute l’aide qu’il pourrait avoir, il y a donc selon ce jugement de la Cours suprême discrimination! Deuxièmement, les élèves en difficulté intégrés aux classes normales viennent ralentir la progression des autres élèves et accaparent plus de temps des enseignants que tous les autres réunis, il y a par conséquent là aussi une certaine discrimination.

Vous trouverez peut-être que je me fais l’avocat du diable et que je crée des problèmes là il n’y en n’a pas. Il s’agit simplement d’aménager les choses correctement, de façon à ce qu’il n’y ait pas de discrimination… C’est vrai, vivre en société, faire de la politique, légiférer c’est faire des compromis et c’est justement ce que les juges de la Cours suprême semblent avoir omis de considérer dans leur jugement.

.jpm

10:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

22/11/2012

Le cynisme ambiant

Je suis complètement écœuré par la politicaillerie qui occupe nos élus tant fédéraux que provinciaux.

À Québec on a un gouvernement qui a déposé un budget sommes toutes réaliste qui se fait vilipender par l’opposition officielle libérale qui lui reproche entre autres de ne pas contrôler ses dépenses alors qu’ils ont été au pouvoir pendant 9 ans et que durant tout ce temps les dépenses n’ont jamais été sous contrôle…

À Ottawa on a un gouvernement majoritaire qui n’en fait qu’à sa tête, qui vote des projets de lois mammouth pour bien sûr dissimuler une foule de changements qu’il ne veut pas voir analyser. L’opposition ne peut pas jouer son rôle et proposer certains amendements, il n’y a aucune discussion possible.

Nous sommes donc dans les deux cas assez loin de ce que l’on pourrait appeler la bonne conduite d’un gouvernement. D’un côté nous avons une opposition que ne fait aucune autocritique et qui tente de démolir la crédibilité du gouvernement en place. Et de l’autre nous avons un gouvernement majoritaire qui court-circuite complètement le processus parlementaire.

Et après ils se demandent pourquoi la population est cynique pourquoi elle ne va plus voter, pourquoi elle perd confiance en ses élu!

Bande de cave!

.jpm

p.s. Vous le savez j’ai toujours afficher le plus grand respect pour les élus. Ils ont un travail difficile et très complexe, mais ces élus ne travaillent pas, ils desservent l’État et ne méritent en ce sens aucun respect!

21/11/2012

Des citoyens de seconde zone

Dans les deniers semaines j’ai écouté deux reportages sur les anglo-montréalais et leur vision du Québec après l’élection du Parti Québécois.

Dans les deux reportages, celui des Francs-Tireurs avec Barbara Key autant que celui de Jamie Orchard et J.F. Lisée, les anglos s’étendent sur leurs craintes, leur analyse pointue d’une certaine frange du PQ et surtout leurs malaises face à la majorité francophone.

Chose fort intéressante, dans les deux cas, Jamie Orchard et Barbara Key souligne à grand trait ce sentiment qu’on les anglos de ne pas vraiment être québécois, de ne pas vraiment être reconnu comme tel. Ils ont l’impression de ne pas toujours être inclus, consulté, de ne pas avoir les mêmes droits, bref ils ont l’impression d’être des citoyens de seconde zone. Et qui plus est, ils sont minoritaire, mais ont souvent l’impression que l’on s’occupe plus des autres minorités…

Ils ressentent tout ça avec une grande acuité, mais chose surprenante ils semblent tous être totalement incapable de comprendre que les francophones du Québec se sentent exactement comme eux au Canada!

Ils ont, envers le Québec, exactement le même discours que les franco-québécois envers le Canada, mais ne s’en rendent pas compte. Ils ont peur de ne plus pouvoir parler anglais avec un gouvernement péquiste, mais condamne la loi 101!

En fait il y a une différence fondamentale entre la situation des anglo-québécois et des franco-québécois. Nous sommes réellement menacés d’assimilation et d’extinction – eux ne le sont pas. Ils semblent être on ne peut plus conscient d’être en minorité au Québec, mais oublier totalement qu’ils sont en très grande majorité en Amérique du Nord.

Cela dit, au-delà des critiques, cette conscience minoritaire qu’ils ont devrait servir à ouvrir le dialogue. Comme le disait Lisée on doit tous apprendre à se mettre dans les souliers les uns des autres. Espérons simplement que M. Lisée réussira à faire quelques pas de ce côté-là.

.jpm

19/11/2012

L'affrontement des cliques

Un texte essentiel de Jérôme Lussier sur lequel je suis repassé cette semaine. Il y souligne la différence entre les cliques qui s'affrontent sur l'espace médiatique et qui malheureusement gomment plus souvent qu'autrement les vrais débats d'idées. À lire sans faute.

Bien content d'ailleurs que Jérôme Lussier soit à la CAQ, espérons qu'il saura influencer positivement le et l'ensemble de la classe politique, pourquoi pas.

.jpm

14/11/2012

Les deux spirales économiques

Des dizaines de milliers de manifestant vont envahir les rues des grandes capitales européennes aujourd’hui pour protester contre les mesures d’austérités mises en place par les divers gouvernements.

Ils ont raison de protester. Les mesures d’austérités réclamées par les grandes agences de crédit et le FMI (qui ne sait d’ailleurs plus sur quel pied danser) sont en train de plombé l’économie des pays qui ont dû les appliquer.

Le problème est patent. C’est la spirale du ralentissement, de la récession avec au bout une éventuelle dépression. L’économie va mal, les revenus ne suffisent plus à l’État, sa dette croit trop vite et donc sa note de crédit s’abaisse. Sa dette lui coute alors plus cher et les revenus ne sont toujours pas au rendez-vous alors on coupe dans les dépenses. Les coupes sont drastique parce qu’on attend toujours trop, alors l’économie ralentie encore plus, les emplois fondent, el chômage croit, ce qui coûtent encore plus cher à l’État qui voit ses déficits croitre encore  plus vite et la nécessité de nouvelles mesures d’austérités est encore plus forte et le pays s’enfonce de plus en plus dans la crise.

L’autre spirale est tout aussi problématique. C’est celle de l’approche keynésienne. Pour éviter la récession on injecte de l’argent dans le système gonflant ainsi la dette, par contre l’économie prend du mieux, mais il faut maintenir le rythme alors on met des incitatifs en place pour attirer des entreprises. L’économie tourne, mais on ne rembourse pas la dette au mieux on évite les déficits et comme ça va bien tout le monde réclame des baisses d’impôts et des bonifications de programme, on étire un peu plus l’élastique. Puis vient un coup dur. Et là on recommence on injecte jusqu’à ce ne soit plus tenable et que la seconde spirale soit à nos portes.

Si la récession de 2008 a fortement contribué à la situation actuelle, il n’y pas que cela. L’intégration des marchés y est aussi pour beaucoup tout comme les agences de notations, le FMI et une foule d’autres instances plus ou moins liées au système financier. Mais au-delà de tous ces suspects, il ne faut oublier de pointer du doigt les précédentes crises économiques de 1980, 1982, 1992 et de 2001 et surtout le type de libéralisme économique qui occupe les esprits depuis la crise du pétrole de 1973.

En effet, cette idée de conduire l’économie mondiale par l’offre qui a précarisé les emplois et bien des domaines économique et cette volonté de croissance à tout prix, aura certainement contribué à mettre en place ce monde économiquement intenable dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Il faut par conséquent trouver un moyen de sortir de ces spirales sans nécessairement mettre en pièce tout le système. Le retour, par exemple à une économie de la demande et l’instauration d’une réserve bancaire beaucoup plus importante que les 0.5%* actuels seraient déjà un important pas dans la bonne direction – restera à voir comment on peut faire fondre des dettes qui n’ont jusqu’à un certaine point aucune raison d’être**.

.jpm


*C’est un approximatif, je n’ai pas la vraie valeur en tête, mais si elle a déjà été à 5%, elle est aujourd’hui certainement plus basse. Que représente cette valeur? C’est l’argent que les banques doivent avoir en réserve pour adosser leurs prêts donc pour pouvoir prêter 1 million, elles doivent avoir environ 5000 dollars dans leurs poches!

**Les dettes sont importantes sinon il serait possible d’emprunter sans compter ce qui résulterait en une spirale inflationniste absolument intenable. Par contre, au cours des dernières décennies, les taux d’emprunt des pays ont connu des variations qui sont à mon sens injustifiable, faisant gonfler leur dette de façon démesuré.

13/11/2012

Cancer et dépression

Vous avez certainement vu les annonces que le gouvernement fait diffuser à heure de grande d’écoute. On y compare assez adroitement le cancer et la dépression, mais malgré tout les préjuger persistent.

Les gens ont l’impression qu’une dépression n’est pas une vraie maladie. Mais le problème en la comparant à un cancer c’est que ça ne fait qu’alimenter le cynisme, ils manquent totalement la cible.

Non mais sérieusement, quiconque connait quelqu’un atteint du cancer saute au plafond en voyant cette pub. J’ai une collègue qui a un cancer, elle se bat jour après jour contre la maladie, elle doit dormir entre 15 et 18h par jour pour ne serais-ce que quelques heures de vie active où elle doit se battre contre une sérieuse déprime. Sa médication lui coupe la faim, lui a fait perdre ses cheveux, la tient dans un état de nausée quasi constant. Et, au bout du compte, elle risque fort bien de ne pas s’en sortir – oui, au bout de la route, c’est la mort et elle le sait!

Alors oui, bien sûr, la dépression est une maladie. Oui, ce n’est pas facile de s’en sortir, les causes sont multiples et complexes et comme pour le cancer, il est possible de ne plus avoir le goût de manger et de devoir dormir beaucoup. Ce n’est pas facile, loin de là – mais il n’y a pas de médication obligatoire qui vous détruise de l’intérieur et surtout il n’y a pas ce combat contre la mort, pour une vie qui vous échappe littéralement.

Oui, en dépression on n’a pas le goût de voir ses propre enfants, mais on sait qu’en se reposant qu’en travaillant sur le problème on va pouvoir revenir, pour les gens atteint du cancer c’est le même combat, mais à chaque jour on sait que peut-être c’est la dernière fois qu’on va être en vie pour les cajoler, c’est autrement plus sérieux.

Donc la comparaison ne tient pas, elle est même abjecte.

Je suis dur? C’est vrai, mais si certains symptômes se rejoignent et bien que la dépression soit une vraie maladie, il n’y a aucune commune mesure entre ces deux maladies.

Et le cynisme? Hé bien, malheureusement si une bonne part de la population a déjà connu une personne atteinte du cancer elle a aussi connu une personne qui s’est fait donner un congé de maladie de type dépression ou « burnout » alors qu’elle n’en n’avait pas vraiment besoin.  D’accord, ce n’est pas évident, mais pour avoir côtoyé de vrais et de faux dépressifs, je peux vous assurer que la différence est flagrante.

Au bout du compte, je veux bien que l’on fasse de pubs sur la dépression, je veux bien que l’on renseigne sur cette maladie et mieux encore que l’on fasse la promotion comme pour la santé physique d’une bonne hygiène de santé mentale, mais de grâce cessons de comparer la dépression au cancer, le cancer c’est un tout autre monde auquel il est d’ailleurs bien difficile de comparer quoi que ce soit.

.jpm

11:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

09/11/2012

Religions: interprétation positive et négative

Une bonne part de la politique au cours de Moyen-Âge reposait sur la recherche d’un équilibre entre le temporel et le spirituel, entre la loi humaine et la loi divine. À ce chapitre, une des plus importante base de la réflexion était l’orientation du penseur face à la liberté humaine d’agir.

Les interprétations positives laissaient plus de place à l’Homme, elles avaient une certaine confiance en ses moyens pour développer des lois justes par lui-même. Les interprétations négatives, au contraire, laissent très peu de place à l’Homme, elles considèrent que les dirigeants doivent en tout temps suivre la loi divine et se fier aux vérités révélées.

L’interprétation positive permet certaines dérives. Des lois injustes aux vues des grands principes moraux qui traverse les religions peuvent très bien être mises en place, mais il est tout aussi évidant que ces lois peuvent facilement être contestés de même autorité – celle des hommes – afin de renverser l’injustice.

L’interprétation négative quant à elle permet de bien plus graves dérives. Non seulement elle repose sur l’interprétation des écritures, une interprétation toute humaine, chose que l’on balai généralement sous le tapis sans en parler, mais en plus elle va plus souvent qu’autrement de pair avec une interprétation des actions de l’Homme qui relèvent en absolu de Dieu. Ainsi tout comportement du pouvoir relève de Dieu lui-même et est par conséquent non questionnable, les voies du Seigneur étant impénétrables.

La provenance de l’autorité est également très différente entre les deux interprétations. Dans le cas de l’approche positive, le pouvoir est généralement confier à un chef par les Hommes et ce pouvoir est en quelque sorte entériné par les forces supérieures. Du côté négatif par contre, le chef est mis en place par Dieu lui-même ou par ses représentants sur Terre, ce qui revient, dans l’esprit des gens concernés, au même. Il détient donc son autorité non pas de Hommes mais bien du Tout Puissant lui-même, impossible donc de remettre en question ses agissements.

Ainsi pour le côté négatif, il est tout à fait normal que la politique relève du religieux puisque toute autorité relève de Dieu et de ses représentants et qu’en aucun cas l’Homme peut dépasser ce que Dieu lui aura confié dans ses révélations. Le Livre Saint c’est la Loi, il ne peut rien y en avoir en dessous sinon des édictés qui en découlent directement.

Par contre du côté positif, la séparation du politique et du spirituel est plus évidente. Cette séparation n’a pas toujours été claire au cours de l’Histoire du Moyen-Âge même lorsque c’était l’interprétation positive qui prévalait, mais il était à tout le moins possible de parler d’un ordre en partie laïque. Si le religieux avait sans contre dit une influence, même importante, sur le politique, ce dernier n’était clairement pas dirigé par le religieux.

Nous ne sommes plus au Moyen-Âge, mais ces tensions entre les interprétations positive et négative existent toujours et il n’est pas seulement question ici d’une opposition entre l’Occident et le Moyen-Orient arabo-musulman. Quand la droite conservatrice républicaine s’oppose à l’avortement c’est aussi cette vieille querelle des interprétations qui entre en conflit. Bref, si le côté positif l’a largement emporté aujourd’hui, ça ne veut pas dire que le côté négatif est totalement disparu et qu’il ne peut pas ressurgir à tout moment.

.jpm