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19/12/2012

Les tueries et la foi en Dieu

Les commentaires sur la tuerie de Newtown continuent d’occuper les manchettes. On se pose des questions, on remet certains choix en question, on relativise le tout…

Sarah Palin a voulu ajouté son grain de sel et nous parler de son appréciation de la situation et ce faisant elle a dit mettre sa foi en Dieu plutôt de la placer chez les politiciens et les élites médiatiques.

C’est un commentaire très conservateur tout à fait dans la veine de ceux qu’elle nous a offert par le passé. Au premier niveau ça n’a évidemment aucun sens. Dieu, au mieux n’y peut rien, au pire s’en fout complètement – et ça bien sûr c’est en considérant qu’il existe. Pure folie pour ma part.

Par contre si on prend son commentaire au second niveau, si on prend le temps de lire son commentaire au complet, on comprend qu’elle considère que le problème actuel de la société repose sur une élévation de l’individualisme et de la cupidité par les politiciens, leurs politiques et bien sur les grands médias.

Si on peut s’entendre sur une part du problème, je suis un peu moins rapide à condamner les mêmes acteurs sociaux qu’elle. Mais qu’à cela ne tienne. Je crois que ce qu’elle souligne vraiment dans la réaffirmation de sa foi en Dieu c’est en fait sa confiance en une certain image  des valeurs chrétiennes de base. Celles de la petite communauté tissé serrée, celle où tous se connaissent, où tous vivent à l’unisson…

Je peux comprendre la nostalgie de cet idéal, mais ayant connu bien des gens qui ont voulu  quitter leur petit village à cause des pressions conformistes qu’ils y subissaient, je suis bien loin de croire en cet idéal.

Cela dit, je dois cependant concéder à Mme. Palin que l’idéal de la cité anonyme et complètement atomisé n’est pas mieux. Ce n’est d’ailleurs qu’une vision théorique servant à expliquer simplement un modèle complexe, ce n’est certes pas la vision qu’entretiennent la plupart de gens à propos de leur ville.



Et Dieu dans tout ça? Hé bien est un élément de culture et pour revenir à mon explication de la ville anonyme et atomisé, Dieu n’est peut-être  aussi qu’une vision théorique dans ce commentaire de Palin… D’ailleurs, ce droit de posséder une arme et cette idée qu’elle seule assure la sécurité sont également des éléments culturels et bien théorique. Reste à savoir à quel idéal on veut se raccrocher. Pour ma part le choix est clair, point n’est besoin d’un Dieu, la cité humaine et la paix sociale apporté par la répartition économique et un filet social digne de ce nom est la voie à suivre.

.jpm

30/11/2012

Les croyants sont des imbéciles

Au lendemain d’un vote historique de l’ONU, admettant la Palestine comme État observateur non-membre, tout ce que les palestiniens ont trouvé à faire c’est de sortir dans la rue et de manifester leur joie en scandant « Allah Akbar » : Dieu est le plus grand!
 
Excusez-moi, mais quelle bande de cave! Cent quatre-vingt-treize pays se sont réunis à l’ONU. Cent trente-huit d’entre eux ont voté en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme État. Du nombre, une grande majorité sont des États laïcs et de cette grande majorité une importante quantité regroupe des croyants qui ne croit pas au prophète Mahomet. Ont-ils une seule seconde pensé à Allah, Dieu ou à un quelconque prophète en votant? Certainement pas. Ce vote est celui d’individus animés par un sens de la justice internationale, un sens du respect des droits de l’Homme, un sens du devoir qui ne relève pas de la croyance en un être supérieur. S’ils ont fait cela c’est parce qu’ils croient que c’était la chose à faire.
 
Les palestiniens ont-ils une seconde pensé à chez chefs d’États, à ces représentent qui ont pris le temps de voter pour eux, qui se sont potentiellement mis les États-Unis à dos? Non, ils se sont dit que tout ça était l’œuvre de Dieu.
 
Non seulement c’est un affront à ceux qui ont voté en leur faveur, mais c’est également un affront à toute l’humanité parce que si ce geste des Nation-unies n’est pas une manifestation de la grandeur de l’humanité et de notre capacité à orienter nous-même notre monde, rien ne l’est et tout relève de Dieu.
 
Je veux bien qu’ils soient croyants, s’ils sentent le besoin pour cette béquille mentale d’accord, mais qu’ils aient tout de même un peu bon sens, d’humanité, et qu’ils prennent au moins le temps de remercier tous les non-croyant, tous les États laïcs, tous les infidèles qui viennent de leur donner un avenir!
 
.jpm

09/11/2012

Religions: interprétation positive et négative

Une bonne part de la politique au cours de Moyen-Âge reposait sur la recherche d’un équilibre entre le temporel et le spirituel, entre la loi humaine et la loi divine. À ce chapitre, une des plus importante base de la réflexion était l’orientation du penseur face à la liberté humaine d’agir.

Les interprétations positives laissaient plus de place à l’Homme, elles avaient une certaine confiance en ses moyens pour développer des lois justes par lui-même. Les interprétations négatives, au contraire, laissent très peu de place à l’Homme, elles considèrent que les dirigeants doivent en tout temps suivre la loi divine et se fier aux vérités révélées.

L’interprétation positive permet certaines dérives. Des lois injustes aux vues des grands principes moraux qui traverse les religions peuvent très bien être mises en place, mais il est tout aussi évidant que ces lois peuvent facilement être contestés de même autorité – celle des hommes – afin de renverser l’injustice.

L’interprétation négative quant à elle permet de bien plus graves dérives. Non seulement elle repose sur l’interprétation des écritures, une interprétation toute humaine, chose que l’on balai généralement sous le tapis sans en parler, mais en plus elle va plus souvent qu’autrement de pair avec une interprétation des actions de l’Homme qui relèvent en absolu de Dieu. Ainsi tout comportement du pouvoir relève de Dieu lui-même et est par conséquent non questionnable, les voies du Seigneur étant impénétrables.

La provenance de l’autorité est également très différente entre les deux interprétations. Dans le cas de l’approche positive, le pouvoir est généralement confier à un chef par les Hommes et ce pouvoir est en quelque sorte entériné par les forces supérieures. Du côté négatif par contre, le chef est mis en place par Dieu lui-même ou par ses représentants sur Terre, ce qui revient, dans l’esprit des gens concernés, au même. Il détient donc son autorité non pas de Hommes mais bien du Tout Puissant lui-même, impossible donc de remettre en question ses agissements.

Ainsi pour le côté négatif, il est tout à fait normal que la politique relève du religieux puisque toute autorité relève de Dieu et de ses représentants et qu’en aucun cas l’Homme peut dépasser ce que Dieu lui aura confié dans ses révélations. Le Livre Saint c’est la Loi, il ne peut rien y en avoir en dessous sinon des édictés qui en découlent directement.

Par contre du côté positif, la séparation du politique et du spirituel est plus évidente. Cette séparation n’a pas toujours été claire au cours de l’Histoire du Moyen-Âge même lorsque c’était l’interprétation positive qui prévalait, mais il était à tout le moins possible de parler d’un ordre en partie laïque. Si le religieux avait sans contre dit une influence, même importante, sur le politique, ce dernier n’était clairement pas dirigé par le religieux.

Nous ne sommes plus au Moyen-Âge, mais ces tensions entre les interprétations positive et négative existent toujours et il n’est pas seulement question ici d’une opposition entre l’Occident et le Moyen-Orient arabo-musulman. Quand la droite conservatrice républicaine s’oppose à l’avortement c’est aussi cette vieille querelle des interprétations qui entre en conflit. Bref, si le côté positif l’a largement emporté aujourd’hui, ça ne veut pas dire que le côté négatif est totalement disparu et qu’il ne peut pas ressurgir à tout moment.

.jpm

02/11/2012

Machiavel et les misogynes de l’antiquité

Je suis à relire Le Prince de Machiavel pour mon travail de session en Histoire des idées politiques et je suis tombé sur ce passage relativement connu qui montre bien la position de Machiavel face aux femmes : « … la fortune est femme : pour la tenir soumise, il faut la traiter avec rudesse … »

D’accord, ça peut avoir l’air hors contexte comme ça, mais je vous assure que c’est bien dans Le Prince de Machiavel au chapitre XXV et que cela traduit bien le sentiment de Machiavel à l’égard des femmes.

Il ne faut pas oublier que ce livre a été publié en 1515 dans le contexte de la Renaissance qui tranchait avec les mille ans d’obscurantisme du Moyen-Âge où la place de la femme était encore moindre. D'ailleurs ça ne s’améliore pas en remontant plus loin. Dans l’Empire Romain, la femme n’était pas un objet, mais pas loin, on ne lui donnait même pas un nom personnel, elle avait celui de son père, c’est tout dire.

Du côté de la Grèce antique, la femme n’était pas considérée comme une citoyenne (tout comme chez les Romains ou durant le Moyen-Âge) et Platon lui-même considérait que, tout comme les enfants, la femme devait être mise en communauté. Bref, ce n’est pas un esclave, mais pas loin.

Considérant que Machiavel, ce libre penseur de la Renaissance, mais tout de même homme de son époque, continue sans réelle remise en question à déconsidérer la femme de la sorte, comment peut-on croire une seconde que les écrits bibliques, coraniques et autres qui remontent à bien plus loin que le XVIième siècle, ne soient pas de leur temps tout comme ceux de Machiavel?

Comment considérer que la place réservée aux femmes dans ces écrits historiques soit une place absolue atemporelle? Comment croire que ces écrits que l’on considère universaux le soit vraiment? C’est de la pure folie!

Je sais, il y a bien d’autres voies pour discréditer les écrits religieux. Si je cite celui-ci c’est que sa relative modernité et sa misogynie affichée semble contraster encore plus avec le réel d’une époque que l’on connait bien et que l’on tient en haute estime que celle très lointaine du début de la chrétienté.

.jpm

29/05/2012

Que faire des chômeurs ?

Le gouvernement Harper vient de déposer un projet de loi visant à remettre les chômeurs au travail plus rapidement les obligeant à accepter des emplois un peu moins payant et/ou un peu plus loin de chez eux…

C’est une mesure clairement à droite. On privilégie les coupures et la « responsabilisation » des individus. L’État leur vient en aide, mais de façon minimale. Si vous aviez un boulot payant chez un imprimeur et que votre spécialité disparait et bien tant pis pour vous, vous irez tourner des boulettes chez McDo et pas nécessairement celui à deux coins de rue de chez-vous.

La gauche aurait privilégié la formation. En mode continue ou sous forme de retour à l’école. C’est d’ailleurs ce que fait la Scandinavie depuis des décennies et ce qu’a recommandé le comité sur le travail de l’OCDE. La formation lors du chômage est un investissement plutôt qu’un appauvrissement et a le grand avantage d’être dirigé – puisque l’on vous paye pour étudier vous devez choisir parmi les branche où il y a manque de main d’œuvre. Un problème paradoxalement criant dans tous les pays de l’OCDE.

Mais il y a pire, le gouvernement Harper compte dans certains cas obliger chômeur à prendre un emploi spécifique. Le jumelage des emplois et des travailleurs par le gouvernement, c’est vraiment tout près de ce que certains gouvernements communistes faisaient à l’époque. Comme de quoi la droite peut parfois cacher des idéologies d’extrême gauche!

Et tout ça pourquoi? Voici ce qu’a dit la ministre Diane Finley à ce sujet :

« Notre prospérité économique dépend de notre capacité à relever les défis émergents et croissants du marché du travail. Elle dépend de notre compétitivité et de notre souplesse. Les pénuries de main-d’œuvre, le principal défi, vont s'intensifier en raison du vieillissement de la population et de la forte concurrence pour embaucher des travailleurs qualifiés sur la scène internationale »

Alors là bravo. Nous allons concurrencer la Chine en appauvrissement nos travailleurs et en leur offrant le moins de support possible. Et en même temps, nous allons combattre la concurrence autour des travailleurs spécialisés en évitant d’en former ici!

Que de courtes vues que ce gouvernement Harper…  Ah, bien sûr, pour la droite, la motivation à éventuellement peut-être perdre son emploi à 42 ans et à se retrouver bien démunis à flipper des boulettes chez McDo sera suffisante pour pousser les jeunes de 16 ans à choisir des carrières d’avenir. Le marché va s’ajuster tout seul, pas besoin de stratégie, pas besoin de vision à long terme…

Quand vous aurez fini de rêver à l’inexistant marché parfait les boys vous passerez me voir.  Vous savez où je loge.

.jpm

07/12/2011

C’est quand la fin du Moyen-Âge ?

Je n’en reviens tout simplement pas. À chaque fois que je vois ces nouvelles sur des fous d’Allah se faire sauter pour tuer d’autres fidèles, je me demande quand est-ce qu’on va réussir à mettre fin à toute cette folie. Même chose pour ces femmes que l’on emprisonne par qu’elles ont été violées! Mais quelle bande de criss de malades!!

Je suis complètement abasourdi. On les laisse faire, on ne peut rien faire. Pire j’ai l’impression que nos condamnations ne font que les encourager à maintenir leur mode de vie (sic) différent.

Le pire, c’est que c’est moi qui deviens Cro-Magnon dans ce temps-là. Je n’ai d’autre envie que de crier à bas la religion, à bas les intégristes et allons libérer ces femmes! Évidemment ça ne ferait qu’attiser la flamme…

Il y a des jours comme ça ou ma foi en l’humanité tombe sous zéro.

.jpm

08/09/2011

Religion et violence


À quelques jours du dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 se tenait cette semaine une conférence sur les religions dans l’après 11 septembre. Plusieurs représentants importants du monde religieux et y étaient dont le Dalaï-Lama…

Pour ce dernier comme pour bien d’autres intervenants il faut cesser de dénoncer et d’accuser les diverses religions en se basant sur les gestes posés par certains fidèles. «Si vous critiquez l'islam en raison des gestes posés par une poignée de musulmans, il vous faudra aussi, en toute logique, dénoncer toutes les religions» disait encore le Dalaï-Lama.

Tout à fait d’accord et c’est pourquoi je critique toujours toutes les religions en bloc. À mon sens le problème n’est pas d’associer certaines pommes pourrîtes à une religion. Certains actes terroristes ont été commis pour des raisons politiques par des gens qui ne se réclamaient pas de Dieu.

En fait, le problème pour moi c’est la foi, celle qui émane de toutes religions de toutes croyances. Les croyants de toutes origines, de toutes confessions ont une foi aveugle en leur religion, en leur écrits fondateurs et plus souvent qu’autrement en leurs représentants.

Y parait que c’est fantastique avoir la foi, la voie est tracé pour nous, la confiance règne, on ne se pose plus toutes sortes de questions éthiques et spirituelles. Le problème c’est que la foi peut conduire à toutes sortes de dépassement. Le dépassement de soi comme le dépassement des réalités morales les plus simples.

On obtient alors un cocktail explosif, une foi aveugle, une croyance profonde en une certaine réalité et à partir de là avec les bons mots, les bonnes références tout est possible, la lapidation, le meurtre, le terrorisme.

D’accord, la religion des beaux côtés, mais l’endoctrinement est tellement simple avec des gens qui ont une foi aveugle en leur religion que pour ma part, les dangers dépassent les bons côtés. Alors oui, je milite pour l’athéisme. Vivement un monde sans religions.

Mais bon, je suis réaliste et je comprends aussi que pour bien des gens cette béquille morale est nécessaire ne serais-ce que pour donner un sens supérieur à la vie, à leur vie, et donc je suis quand même content de voir des maîtres à penser de divers doctrines dénoncer ensemble la violence faite au nom de leur religion.

.jpm

p.s. Hum, une religion sans la foi est-ce possible? Ne serais-ce pas la voie des Bouddhistes, disons la branche zen de cette philosophie qui est en fait une des rares (je n’en connais aucune autre, mais je reste prudent) religion à encourager ses émules à poser des questions.

28/04/2011

Le 21 mai 2011 !

Hier j’ai vu quelque chose de stupéfiant. J’étais complètement abasourdi. Si j’avais été aux États-Unis, je n’aurais pas été surpris. Dans l’Ouest canadien, j’aurais sourcillé c’est vrai, mais je me serais probablement dit qu’ils en étaient là et que ce n’était que peu surprenant vu leur proximité idéologique avec les Américains.

Mais au Québec, à Québec, c’était tout simplement incroyable! Qu’ai-je vu?

Hé bien j’ai vu un cortège. Une voiture, un camion et un pick-up avec une remorque. Ils roulaient sur l’autoroute DuVallon. Au début je n’ai pas trop compris. Je roulais et les écris qui couvraient la surface de ces trois véhicules étaient en anglais. La première chose que j’ai repéré c’est la date 21.05.2011 – 21 mai 2011. Puis, j’ai réussi à lire le message principal : Judgement Day! Et, ensuite, en rafale, tout a pris place. Cette caravane sillonne le Québec pour nous annoncer la Jour du Jugement dernier, le retour du Christ pour le 21 mai 2011 et bien sûr la fin du monde dans les six mois soit le 21 octobre 2011* M’enfin, la fin du monde pour ceux qui n’auront pas été sauvé par Jésus, les autres seront déjà partis aux Cieux.

Je ne vous dirai pas tout mal que je pense de ces imbéciles. Je vous dirai même que je suis heureux de savoir que c’est pour le 21 mai. Enfin on a une date précise et ce n’en sera que plus drôle le 22 au matin alors qu’ils constateront qu’il ne s’est rien passé et que la vie continue.

Cela dit, ce qui me fait le plus peur dans cette histoire, ce n’est pas la fin du monde ni, à la limite la propagation de la chrétienté extrême quoi qu’elle m’inquiète tout de même, mais plutôt comme le soulignait Bill Maher dans son excellent Relidicule**, le fait que ces gens y croient tellement qu’ils sont tout à fait capable de créer par eux-mêmes cette fin du monde qu’ils n’ont de cesse d’attendre.

.jpm

*Dire qu’on ne verra pas l’autre fin du monde en 2012, ça me désole.
** Courez le télécharger, il est introuvable dans les clubs vidéo.

18/10/2010

Liberté de conscience

Il y a quelques semaines, Richard Martineau a reçu à l’émission Les Franc Tireurs, l’avocat Julius Grey. L’échange entre les deux hommes, à voir bien sûr, a été vigoureux, mais très respectueux. M. Martineau cherchait à comprendre pourquoi M. Grey s’occupe de cause à la moralité douteuse. Pour ceux qui l’aurait oublié c’est lui qui avait défendu la famille Sikh contre l’État dans l’affaire du Kirpan – une cause que M. Grey avait gagné.

Au-delà de l’échange intéressant, ce qui m’a beaucoup plus c’est d’voir enfin une réelle explication de ce qu’est la liberté de conscience (tel qu’interprété par la loi) et pourquoi elle chapeaute en quelque sorte la liberté de religion.

Voici ce que j’ai retenu de l’explication : La liberté de conscience, c’est le droit de ne pas être contraint à faire quelque chose qui va à l’encontre de notre conscience. Pour prendre un exemple simple et bien connu, la liberté de conscience m’autorise à refuser une transfusion sanguine si ma conscience me dit que c’est mal d’accepter le sang d’un autre pour survivre.

La liberté de conscience, a aussi son côté « positif », elle permettrait en théorie à M. Grey de défendre Hitler contre la peine de mort puisque sa conscience lui dit que c’est mal de mettre à mort qui que ce soit.

J’étais content de cette explication et la trouvait tout à fait logique, même si malheureusement elle permet en théorie de sérieux dérapages religieux. Il faut tout de même dire que la liberté de conscience n’est pas au-dessus des autres lois, du moins en théorie… Il semble que ce soit aux tribunaux de trancher sur cette question. Le cas du kirpan (un couteau, une arme blanche) est patent.

Je dis j’étais, parce que je suis de moins en moins certain de l’être. Je ne sais pas trop comment encadrer tout cela, la législation officielle ce n’est vraiment pas mon truc, mais disons que le billet de M. Martineau de ce matin qui relate une histoire de religion :

« Une fois, un employé de nuit a allumé le four par lui-même. Il a fallu jeter tout le travail de la nuit, a dit le patron. Pour que le pain soit casher, il doit avoir été cuit par un juif… »


Et la compare à une histoire de racisme, tout en y faisant le rapprochement :

« Or, quelle est la différence entre jeter une fournée de pain aux poubelles parce que le four a été allumé par un non-juif, et les Rednecks du Mississippi qui vidaient complètement les piscines publiques dans les années 1960 parce qu’un sale Noir avait osé y tremper le pied? »


… Effectivement il n’y en a pas. À proprement parler, il s’agit là de deux cas de liberté de conscience. L’un étant bien sûr condamné vertement parce que c’est du racisme alors que l’autre, tout le monde s’en fout parce que ce n’est que du pain.

Ainsi, la liberté de conscience est un beau principe et il doit demeurer, mais il est clair qu’il ouvre la porte à de sérieux dérapages (surtout religieux) et qu’il doit absolument être balisé…

La balise principale pour ma part devrait être celle de la rationalité de la croyance.  Je vous entends déjà : Les croyances ne sont pas rationnelles! Correction, certaines croyances ne sont pas rationnelles. Si je crois, par exemple, que la discrimination basé sur la race n’a pas de sens, je peux très bien défendre cette position de façon tout à fait rationnelle. Idem pour l’égalité homme femme et la peine de mort. Le débat sur l’avortement se fait généralement de façon rationnel. On peut très bien être contre l’avortement en invoquant le droit à la vie du fœtus, aucun besoin d’invoquer la Bible là-dedans!

Mais quand il s’agit de la nécessité de se voiler le visage (juste pour la moitié féminine des croyants) ou de la nécessité de manger de la nourriture bénie, eh bien là, côté défense rationnelle ça se corse, c’est le moins que l’on puisse dire.

Tant que cette liberté de conscience irrationnelle ne brime les droit de personne d’autre, qu’elle N’est pas dangereuse pour autrui ou qu’elle ne va pas à l’encontre d’autres principes de vie en commun, il n’y a pas de problème, mais la ligne est difficile à tracé et notre attitude envers les gens qui ont la foi comme seul argument semble elle-même teinté d’irrationnel puisque que nous acceptons d’entendre ces argument irrationnel et que nous les trouvons recevables…

Ainsi, clairement, oui à la liberté de conscience, mais pas sans la raison pour l’aiguillé et l’encadrer.

.jpm

23/02/2010

Liberté de conscience

Oui, j'ai écouté Tout le monde en parle et oui j'ai bien compris l'argument de Charles Taylor, un penseur par ailleurs terriblement intéressant. Mais pour faire suite à mon billet d'hier sur le conditionnement religieux et, malgré cet argument de liberté, je dois dire que je ne suis pas d'accord avec M. Taylor, du moins dans une certaine mesure.

L'argument de la liberté de conscience qui veut que l'on puisse choisir ce en quoi l'on veut croire et vivre selon ces préceptes me va, tant que lesdits préceptes et croyances ne viennent pas brimer la liberté des autres ou nécessiter la dé-laïcisation de l'État, même partiellement.

Maintenant, mon premier problème apparaît quand cette prétendue liberté de conscience finit par apparaître comme une prison mentale et que les préceptes qui la sous-tendent pousse les croyants à remettre en question et même contester des faits qui sont complètement à l'extérieur du monde spirituel comme, exemple phare, le combat pour l'enseignement du créationnisme!

Mon second problème, et celui-ci est encore plus sérieux, apparaît avec « l'enseignement » religieux que les parents croyants prodiguent à leur enfants. Certains diront qu'ils les élèves dans la foi, moi je dirais qu'ils les endoctrinent.

Je veux bien me rallier à l'argument de la liberté de conscience, mais je ne crois pas qu'un enfant de cinq an fasse un choix conscient de croire quand il est « élevé dans la foi ». Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit là d'un crime, mais une atteinte à la liberté certainement. Et, comme nous l'avons vu avec l'essai de M. Devirieux, la « programmation » religieuse peut-être très, très difficile à effacer lorsque faite systématiquement et sur une longue période.

Donc, va pour la liberté de conscience, mais à condition que celle-ci soit réellement une liberté.

.jpm

10:28 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0)

22/02/2010

Une foi inébranlable

Pour faire suite à mon texte de la semaine dernière sur les écoles juives et la religion je vous soumet ce aujourd'hui les conclusions d'une étude faite par Éric Kandel sur la « programmation » neuronale.

Ça fait longtemps que les psychologues nous le disent, l'autosuggestion ça fonctionne. À force de se dire qu'on est pas bon, on fini par le croire et le devenir. Mais c'est à travers un ouvrage de Jean Devirieux, que j'ai trouvé une confirmation scientifique (lire mesuré directement dans le cerveau) de cette réalité bien connue.

« Il revient à Éric Kandel, de l'université de New-York, Prix Nobel de médecine 2000, d'avoir découvert, par ses travaux sur les neurones, comment les circuits synaptiques peuvent être soit affaiblis, soit renforcés selon la nature, l'intensité et la répétition du stimuli, donc des informations, et comment le stockage des informations répétitives peut reconfigurer ces circuits synaptiques et modifier l'anatomie du cerveau de façon durable*. » Notez que vous pouvez lire cet extrait et quelques autres sur Google, chapitre 1, section 1.8.

Ainsi il apparaît clairement que le fait de fréquenter pendant plusieurs années une école confessionnelle où jour après jour on nous inculque une foi spécifique, fini inévitablement par modifier de façon permanente notre cerveau. Cette foi et les « vérités » qui en sont constituantes deviennent alors absolument inébranlable. Elles sont profondément ancrées comme vérités absolues dans notre cerveau.

On comprend mieux alors pourquoi il semble souvent impossible de raisonner des croyants ou simplement de discuter avec eux. Leur cerveau s'est carrément modifié pour croire en Dieu et cela est aussi vrai pour eux que l'eau est mouillé...

J'imagine qu'à force de discussion il serait possible de renverser la vapeur. Tous ceux qui ont joué à Tetris le savent. Là aussi le cerveau s'adaptait pour jouer – le cerveau des meilleurs joueurs travaillait moins que celui des novices! Mais en cessant de jouer, ces liens ont cessés de se renforcer, mais peuvent-ils vraiment disparaître? Peut-être, mais ça ne sera assurément pas facile.

Ça permet également de mieux comprendre ce sentiment profond qu'est la foi. Ça vient de l'intérieur, on est comme convaincu du plus profond de notre être... Ce qui semble tout à fait évidant si l'on considère que cette « vérité » est inscrite dans notre cerveau, dans les circuits synaptiques et ce de façon plus ou moins diffuse.



Alors voilà, on comprend mieux pourquoi les gens qui ont la foi sont souvent intraitable sur ce sujet et aussi les dangers de l'éducation confessionnelle. Maintenant comme le suggère M. Devirieux il s'agit de passer à la législation.

.jpm


*Jean Devirieux, Manifeste pour le droit à l'information: De la manipulation à la législation, Presses de l'Université du Québec (PUQ), 2009, 202 pages, ISBN 978-2-7605-2365-4

11:56 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0)

30/07/2009

Pure folies

Hé oui, il s'agit encore de religion... Oui, il s'agit encore de l'Islam. Et, oui, je suis tanné d'en parlé, mais qu'est-ce que vous voulez plus on est courant plus on dénonce plus le dossier risque d'avancer .. quoi qu'avec ce que je vous raconte aujourd'hui j'ai plutôt l'impression que ça recule.

1. Folie passagère : Il n'y aurait, selon une récente recension faite par le gouvernement français que 367 femmes portant le voile intégrale en France. C'est, nous dit-on marginal d'autant plus que selon l'étude il s'agit surtout de jeunes femmes qui le font de plein gré. Évidemment tout le monde a des doutes sur le plein gré de la chose, mais le problème n'est pas là. Ils sont 367 et c'est 367 de trop.

2. Fou à enfermer : Au Soudan, la semaine dernière plusieurs femme ont été arrêter dans un restaurant de Khartoum parce qu'elles portaient des pantalons. 13 femme en tout dont certaines (10) ont pu être jugé sur le coup et condamné à 10 coups de fouet et trois autres dont une employée de l'ONU qui est en attente de sont procès et qui, si elle est trouvée coupable est passible de 40 coups de fouets et d'une amande de 100$. Vraiment, il serait temps de passer à l'offensive et de condamné ce genre de répression et d'attitude par des sanctions économique ou autres.

3. Fou furieux : Mais non, plutôt que de penser à sévir et à n'offrire aucune tolérance à ces comportements dignes de l'âge de pierre, l'Angleterre pense à mettre en place des policiers « ethnique » qui comprennent mieux les gens à qui ils vont s'adresser. Donc des policiers sikh pour les sikh, des musulmans pour les musulmans etc. De la folie furieuse! Je veux bien croire que quand vient le temps de s'expliquer, c'est plus simple de le faire avec quelqu'un qui connaît notre culture surtout quand la situation est complexe, mais la loi c'est la loi et je ne vois pas pourquoi elle devrait être renforcé par des gens de ta couleur, de ta religion ou de ton orientation sexuelle tant qu'à y être. Ce que l'Angleterre fait très, très dangereux pour eux et pour nous. La situation doit être dénoncée.

Je sais, je sais, il y a des policiers racistes et d'autres qui sont homophobes, mais ce n'est pas la majorité et je crois qu'il vaut cent fois mieux avoir quelques policiers injustes dans une système qu'il l'est globalement que d'avoir une police personnalisé dans et complaisante dans un système qui, cela mis en place, risque de le devenir rapidement.

.jpm

12:07 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0)

04/05/2009

Religion : le problème fondamental

À la question adhéré vous à la théorie de l'évolution? Gary Goodyear a répondu : « Je ne répondrai pas à cette question. Je suis chrétien et je ne crois pas que ce soir approprié de poser une question sur ma religion. » (Source Québec Science mai 2009)

Voilà clairement exprimé par un chrétien le problème fondamental de la religion tel que actualisé par notre État de droit.

La religion et la science sont deux domaines qui s'excluent mutuellement. La religion porte sur les croyances morales, le bien et le mal ou encore la façon de se conduire. Personnellement, je n'ai pas besoin de quelque religion que ce soit pour me dire ce qui est bien ou mal ou encore pour me donner un guide de conduite en société.

La science de son côté traite de la nature, du monde physique. Elle pose des hypothèses, développe des théories et tente par tous les moyens de vérifier ces dernières expérimentalement afin de les valider. La science connaît bien ses limites. Elle ne dira jamais quoi que ce soit sur la moralité d'un geste ou sur la façon d'aborder un inconnu – même si on peu y appliquer des statistiques et un peu de psychologie, la science ne fera pas de prescriptions précises devant être respectées.

De son côté la religion ne connaît pas de limite. Puisque tout est originaire d'un Dieu tout puissant, tout ce qui en sort est pour les croyants – du moins un part d'entre eux – une vérité absolut qu'il est inutile de questionner. La religion peut donc allègrement décréter que la Terre est au centre de l'univers, qu'elle a été formé il y a à peine 6 000 ans et que toutes les créatures qu'elle comporte est le fruit de la Création de Dieu.

Ce qu'il y a de plus insidieux dans tout cela c'est qu'aujourd'hui dans ce bel État de droit que nous nous sommes donné, nous avons permis la liberté de religion et statué que le domaine religieux est personnel et hors d'atteinte de l'État. Ainsi nous avons ouvert la porte à ce genre de commentaire où, prétextant que l'origine de la vie relève de la religion (puisque celle-ci a quelque chose à dire sur le sujet) M. Goodyear, ministre de la science et de la technologie – dois-je le rappeler, peut « éviter » de se prononcer.

Pire encore, si nous laissons ce genre de connerie continuer (i.e. l'ingérence religieuse) nous pourrions très bien nous retrouver avec une foule de principes de droit et de science bafoué par des prétendue vérité religieuses hors d'atteinte et de critique simplement parce qu'elle relève selon certains de leur religion.

Heureusement l'État de droit veille, et ce genre de « débordement » est généralement vite contenu, mais avec un ministre c'est un peu plus difficile...

.jpm

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02/07/2008

C’est pas dans ma religion

Ouais, ouais, je sais, je tape souvent sur le même clou, mais ça vient par vague et .. vous allez l’aimer celle-là!

Alors voilà, c’était dimanche il y a deux semaine, nous avions invité des amis à venir souper et quand ils sont arrivés, la remarque d’une des invitées m’a obligé à me lancer dans des explications plutôt surréalistes…

Voyant que la dame en question avait apporté une salade pour souper mon fils lui a demandé pourquoi elle ne mangeait pas de BBQ avec nous, celle-si lui a répondu, à la blague – ai-je besoin de préciser – que ce n’était pas dans sa religion. Évidemment nous nous sommes tous mis à rigoler, tous sauf mon fils qui visiblement ne comprenait pas.

- Papa, qu’est-ce que ça veut dire : C’est pas dans ma religion ?
- Hé bien, euh, ça veut dire que le BBQ n’est pas permis par sa religion. En fait pas le BBQ mais la bouffe grasse… Elle fait attention à la ligne.
- Ah.
- En fait ce qui est drôle c’est que la dame n’a pas de religion spécifique mais qu’elle se moque des religions et de leur règles parfois plutôt étranges en disant que le BBQ n’est pas dans sa religion…

Bon, j’avoue que mon explication n’était pas des plus claire. J’aurais pu lui dire qu’il allait comprendre quand il serait plus grand, mais bon ce serait me soustraire à mon rôle de père.

Cela dit, avouez que c’est quand même cocasse de voir cette expression qui dénonce les règles et les interdits les plus absurdes prendre sa source dans la religion et non dans le code civil…

.jpm

13:15 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2008

60 000 croyants sur les plaines !

C'est lors de la cloture du 49e congrès eucharistique que 60 milles croyants provenant de 80 pays se sont massé sur les plaines d'Abraham pour la plus grande messe de l'événement.

Plus tôt dans le semaine Québec avait eu droit à une procession de 40 milles personnes dont 20 milles congèssistes et autant de croyants qui se sont spontanément joint à la marche.

Cette démonstration de foi m'attriste. Ils ont bien le droit de montrer leur foi, de faire une marche, de porter leur croix tout comme les juifs ont bien le droit de porter leur tunique et les musulmanes de porter un foulard dans la rue, mais reste que ça me désole.

Ces démonstrations massive de foi envers un quelconque Dieu, ça me fout le feu au cul, ça me met à l'envers, moi qui croyait qu'on allait enfin se sortir de ce genre de sornettes.

D'autant plus que ce congrès a, parait-il, vu une certaine radicalisation de l'Église. Remarquez, ce n'est pas très surprenant avec la monté en force de l'Islam...

En fait il serait plus que temps que les athées sortent dans les rues et qu'ils démontrent eux-aussi qu'ils sont plusieurs à ne pas croire.

...

Le problème, c'est que les athées forment un anti-groupe. Ils ne sont pas, ils ne croient pas alors ils n'ont droit à aucune mention. ... Foutaise ! Je suis athée et je crois en l'humanité, j'ai des valeurs, une morale et je suis capable de distinguer le bien du mal sans avoir recour à un quelconque livre détenant toutes les réponses !

Oui, il est temps que nous sortions dans le rue. Il est temps que l'on se fasse entendre. Il est temps que l'humanité tourne la page sur ces croyances enfantines.

...

Mais qui fera le premier pas, qui lancera la marche, qui fera l'appel? Les athées forment un anti-groupe. Pas facile de ne pas croire dans un monde de croyants.

.jpm

11:47 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (2)